Entre Vous Deux


Parce que j'ai froid, parce que je tremble
Je m'en vais me blottir entre vous deux
Parce qu'il fera noir dans ma chambre
Je m'en irai dormir entre vous deux

Il n'y a que votre amour qui peut me faire croire à l'amour
Et que votre présence qui me délivre du silence
Parce que le silence m'agresse
Je l'étouferai sans cesse entre vous deux

Parce que je crains la terre entière
Qu'en dehors de la guerre,y'a que vous deux
Parce que je crois à la prière
Et que seules vos voix chante pour dieu

Il n'y aque vos regards qui brillent à l'ombre d'aujourd'hui
Que vos souffles tranquilles et que vos gestes réfléchis
Au milieu d'un monde en colère, j'irai fermer les paupières
Entre vous deux! entre vous deux!
Entre vous deux! entre vous deux!

Parce que vous êtes toujours là
Quand même la nature ferme les bras
Et parce que filtré par vos yeux
Le ciel me paraît toujours aussi bleu
Que pour me sentir mieux
Il suffit de vos mains sur mes cheveux

D'un amour aussi tendre, aurez vous su m'apprendre
Peu à peu
A vous dire adieu

Parce que j'ai froid, parce que je tremble
Je m'en vais me blottir entre vous deux
Entre vous deux! entre vous deux!
Entre vous deux!

Lynda Lemay Index

Il Y Aura Toujours


Il y aura toujours
D'autres routes et d'autres pays
D'autres maisons aux balcons fleuris

Il y aura toujours
D'autres doutes et d'autres envies
D'autres raisons de changer sa vie

Il reste toujours un nuage gris
Un mensonge
Une larme insensée flottant sur l'amour

Il reste toujours un visage enfoui
Dans nos songes
Qui nous séduit d'un regard étrange

Il reste toujours dans nos rêves bleus
Un soleil plus fort
Un autre milieu, un autre décor

Il reste toujours une histoire, un jeu
Et de nouveaux trésors
Enterrés plus creux dans des coffre en or

Il y aura toujours quelqu'un d'autre que moi
Ou que toi
Quelqu'un qui tentera de nous faire oublier
A quel point on est bien
Mais ce quelqu'un-là ne m'inquiète pas

Il y aura toujours d'autres routes et d'autres pays
D'autres maisons aux balcon fleuris
Mais il y aura toujours ce "toujours" au bord de mes lèvres
Quand je parle de toi
Ce "toujours" au bord de mes lèvres...quand je parle de toi !

Lynda Lemay Index

Femmes D'un Sex Symbol


J'étais la femme d'un sex symbol
Il m'avait pointé du doigt dans la foule
Je suis la femme d'un ex-idole
J'vous jure y'a pas de quoi perdre la boule

Je l'aime sur toutes ses photos
Je l'aime si je le trouve beau

Mais le temps se promène dans nos appartements
A coup de soirs de semaine
Plus du tout comme avant
On est dans sa cinquantaine
Et plus dans mes vingt ans

J'étais la femme d'un sex symbol
Et l'ennemie d'un tas de femmes en flammes
Que je croirais pendue à son épaule
Séquence sortie d'un vieux mélodrame

Je l'aime dans toutes ses vidéo
Je l'aime avec son air macho

A moi, le vin et le bain tourbillon
Qui m'étourdissent la raison
A moi, les beaux coussins et le lit blanc
Si grand qu'on s'est perdus dedans

J'étais la femme d'un sex symbol
J'lui ai dit oui dès qu'il m'a demandée
Je suis la femme d'un ex-idole
Je rêve à celui que j'ai épousé

Je l'aime quand il me joue des succès
Je l'aime juste un peu moins après
Je l'aime tant qu'il y a du monde autour
Je l'aime sur ses divans de velours
Je l'aime pour les voyages en avion
Je l'aime pour la télévision
Je l'aime pour mes tenues de soirée
Je l'aime pour ne pas m'ennuyer
D'avoir été la femme d'un sex symbol

Lynda Lemay Index

Je Parle Flou


Je parle flou, avec des mots et du papier
Je brouille tout et c'est à toi de deviner

J'ai jamais eu l'cran d'effacer
Et quand j'essaie de raturer
J'ai des regrets

J'laisse rien passer sans penser
Qu'y aura plus rien d'aussi sensé
J'laisse pas passer l'passé, je retiens
Tu sais, je me souviens

Je parle flou, avec des nuages d'idées
Je brouille tout, j'ai la manie de barbouiller

Je prends plaisir à déguiser
Les gros secrets que je veux livrer
J'ai des regrets

J'te lance un barbo sans lumière
En espérant qu'tu vois clair
J'laisse pas passer l'passé je le retiens
Tu sais j'me souviens

Je parle flou et c'est à toi de préciser
Je brouille tout, il ne reste qu'à touiller

J'écris des mots comme je t'aimais`des mots confus qui disent vrai
J'ai des regrets

J'peux rien avouer, j'peux qu'insinuer
Créer ton nom sans prononcer
Te renier au moindre éclat
Des yeux de ceux qui me côtoient

Je parle flou, je mets de l'ombre sur ma voix
Je brouille tout, je tourbillonne et tu te noies
Dans mes brouillons qui déraisonnent
Tout ce papier que je chiffonne
Avec regret

Ces mots auxquels je me cramponne
Jusqu'au moment ou j'abandonne

Je parle flou, je parle flou, je parle flou
Puis je me tais
J'ai des regrets...des regrets...des regrets

Lynda Lemay Index

L'adolescent X


Sonne le cadran, toujours à la même heure
Tu perds pas de temps, tu sautes dans la douche
Puis t'avales un bout de toast avec du beurre
Et de la confiture qui te colle à la bouche

Tu brosses tes dents, te peignes et puis t'habilles
Tu prends pas le temps de saluer ta famille
Tu sors en courant, t'as peur d'être en retard
Et c'est que le débute de la fameuse histoire

De l'adolescent X qui crie, "je veux qu'on m'aime"
L'adolescent cynique qui avance dans un système
Qui est pas fait pour lui

Arrive le jour où tu te prends au piège
Celui de l'amour et te voila qui rêve
T'as besoin de rien que de ses baiserzs farrouches
Et de ses mains qui te touchent et te touchent

Et puis ça va trop loin et voila qu'elle accouche
Et t'as plus de pain pour la nouvelle bouche
Alors adieu l'école il faut que tu travailles
Et que tu la console car elle n'a plus la taille

De l'adolescente X qui est pas encore maman
L'adolescent typique, la belle femme enfant, la désirable perle

Sonne le cadran de l'age qui s'enfuit
Adolescent et demi, adolescent vieilli
L'alphabet dégringole tout droit jusqu'a Z
La vie qui s'envole, on a pas de remède

Sonne le cdran, toujours à la même heure
Etre grand-père, c'est plein de petits bonheurs
Tu te lèves tôt pour allonger tes jours
Et tu prends le temps de tomber en amour

T'auras jamais compris à quoi ça t'aa servi
Mais tu n'a plus envie, vraiment de le savoir
Tu as connu l'amour et quand tu l'apprécies
Faut que le cadran sonne la fin de l'histoire

Lynda Lemay Index

Nos Rêves


L'amour est aussi vrai que ton regard est perçant
L'amour est pas plus vrai qu'il le restera longtemps
Pas plus vrai que l'instanr
Qui me fait frémir en dedans
Pourra défier le temps

Pourtant, l'amour est aussi vrai autant que tu me le jurerais
Et je te crois tu sais
Mais si le temps s'y met le temps souvent défait

Nos rêves....

L'amour est aussi vrai que la nuit qu'on passera
Aussi beau que le souvenir qui lui survivra
Mais c'est pas plus réel
Que tu sauras me trouver belle
Si je ne le suis pas

Pourtant l'amour est vrai autant que l'on est amoureux
Et tant qu'il n'est pas vieux
Mais quand le temps s'y met souvent le temps défait

On s'évadera vers un morceau de sentiment perdu
Pour frémir, à nouveau contre cette bouche inconnue
Et découvrir encore ce que le temps nous avait repris
Et même y croire plus fort qu'on est vaincu aujourd'hui

L'amour est aussi vrai qu'il ne veut pas d'une seule histoire
Aussi vrai que le temps lui donnera les traits d'un vieillard

Ensemble, on va longer sa ligne de vie jusqu'à soigner
Chaque crise de coeur
Et jusqu'à la dernière
On tentera de refaire

Lynda Lemay Index

L'abri


C'est tous les coups de feu et en dessous des flammes
C'est en dessous de ceux qui ont tenu les armes
Qu'on s'est cachés
Car la peur était bleue et le ciel était pâle
Car le monde était vieux et la guerre mondiale, on s'est cachés
Car on avait le choix et perdu le moral
Car on avait le doigt qui donnait le signal, on s'est cachés

En dessous des enfants qui ont versé des larmes
En dessous de ce vent qui a éteint le drame, on s'est cachés
Un trou dans la planète en dessous de la tempête
L'abri, prison des rêves, passions qui crèvent
Raison qui tourne à la folie
L'abri, se change en piège, dieu nous protège
On assassine la vie

C'est en dessous d'un fleuve qui a coulé rouge
C'est a lui qu'on s'abreuve et grâce à lui qu'on bouge
On a gagné
C'est en dessous du champ de cendres et de poussières
Qui n'offre de moisson qu'un souvenir d'hier, on a gagné
C'est en dessous du plus énorme des déserts
C'est au fond d'un cratère et loin de la lumière, qu'on a gagné
Un trou dans la planète en dessous de la défaite

On est vivants, les survivants
Qu'est-ce qu'il nous reste en attendant
Qu'est-ce qu'on attend, pourquoi j'ai froid
J'ai peur

C'est en dessous du front en dessous des paupières
Qu'on a caché profond un peu trop de colère on est tout seul
Dans un abri du corps on a ligoté l'âme
Et puis face à la mort, voilà qu'on la réclame, on est tout seul
Comme un trou dans la tête dès qu'on touche à la gachette

Lynda Lemay Index

Le Petit Mot


Son regard est pur l'enfant
Il regarde l'océan
Il pense à l'autre rivage
Imagine d'autres visages
La peau foncée les yeux bridés
Cheveux frisés ou cheveux raises
Celui qui est de l'autre côté
Il a peut être besoin d'aide

Son regard est pur l'enfant
Et son geste si beau si grand
A l'école on lui avait dit
D'écrir un mot pour ses amis
Il a écrit "paix dans le monde"
Sur un papier fleuri
Il a pensé "la terre est ronde"
Des amis, faut pas que j'en oublie

Ce petit bonhomme tout blond
Peut pas faire le tour dr la terre
Alors il fabrique en carton
Un bateau pour défier la mer
Puis il se tourne vers l'horizon
Plein de fierté pour son bateau
Il a déposé tout au fond
Pour ses amis le petit mot

Il treùpe ses pieds dans l'océan
Petit bateau entre les mains
Puis il se penche doucement
Fait prendre au bateau son chemein
Le petit bateau dangereusement
S'avance pour fendre les flots
Puis se balance gentiment
Comme blotti dans un berceau

Quelque part un mousaillon
A repêché un jouet de carton

Lynda Lemay Index

La Veilleuse


Sais-tu que je chantais souvent avant
Que je mettais des mots sur chaque sentiment
Sais-tu combien je m'amusais avant
Sur des mélodies qui me venaient d'en dedans

Sais-tu que j'avais des amants avant
Des hommes que j'ai laissé mourir dans le temps
Et sais-tu que je n'ai jamais eu d'enfants
Et que j'ai peur
De ce qu'il m'a toujours manqué à l'intérieur

Mes robes ont étonné souvent avant
A forced'être noires avec des bouts de blanc
Sais-tu que c'était important avant
La couleur du tissu et quelques compliments

Sais-tu la nuit fait peur à ceux qui sont petits
Alors on se garde un peu de lumière
Je veux un rayon de soleil après ma vie
Une veilleuse dans la terre
Je veux trouver au fond de mes vieilles chansons
Le feu qui me les a fait faire
Et puis garder cette bougie d'inspiration
Comme unique souvenir d'hier

Sais-tu combien je m'inquiétais avant
De voir le fil des ans cousu sur mon visage
Sais-tu combien j'ai mis de temps avant
A me redessinner avec du maquillage

Sais-tu, sais-tu comment la vieillesse m'a prise
Quand on dirait qu'elle nous brise
Sais-tu qu'ell s'eternise
Mais sais tu qu'un ceveux blanc
C'est la neige avant le printemps
Et que mêm si il est tard
On a toujours le même regard
Celui de l'enfant que l'on est
Et qu'on essaie de retrouver
Au fond d'un corps qui agonise
Au fond du feu que l'on attise

Ce soir j'ai repris mon crayon
Avec la peau froissée de ma main fatiguée
Sais-tu qu'au dela de cette chanson
Brille dèjà la flamme que j'emporterai

Tu sais je ne pleurais pas souvent avant
Pas de ces larmes qui ne sèchent plus au vent

Je pleure mais si je pleure maintenant
Maintenant
C'est qu'il est tard
Et je suis épuisée

Lynda Lemay Index

Madame Brigitte Bélanger


Le téléphone m'a réveillée
On m'appelait de Montréal
Pour dire que madame Belanger
Est morte dans un hôpital

Elle n'était pas jeune madame
J'crois qu'il a dit quatre vingt six
Et l'homme dont elle était la femme
Est mort depuis soixante dix

Elle vivait seule madame

Le téléphone m'a réveillée
Et j'ai eu du mal à me rappeler
C'était qui madame belanger
Y'a pas de lien de parenté

Il dit qu'elle vient de ma ville
Que Monsieur travaillait tout près
Il vendait des automobiles
Parait que papa le connaissait

Elle vivait seule madame
Et j'ignorais que madame était malade
Elle vivait seule madame
Plus de famille et plus de camarades

Parait que quand j'étais petite
J'allais les visiter souvent
Au lieu de l'appeler "Brigitte"
Je l'appelais grand maman

Paraît que c'est moi qui hérite
C'est écrit sur le testament
Mais j'ai pas l'impression que je mérite
Qu'on me traite comme sa petite enfant

Elle vivait seule madame
Pas de surprise sur les heures de visites, non
Elle vivait seule madame
Même pas un seule bouquet de marguerites

Elle vivait seule madame

Lynda Lemay Index

Jolie Prison


J'avais mis mon coeur dans ta vie
Et quand il en est ressorti
Ensanglanté et tout en pleurs
Je me suis jurée de le mettre ailleurs

Alors je l'ai mis dans un tiroir
En dessous des gants et des foulards
Mais dans ma chambre on est entré
On l'a trouvé et liberé
On lui a fait croire qu'on l'aimait
Et mon petit coeur a tou gobé
Il est revenu me voir après
Avec des plaies à me montrer

Alors après l'avoir soigné
J'ai voulu lui faire la morale
Lui dire qu'il fallait pas aimer
Si on n'voulait pas avoir male

Puis je l'ai pris et je l'ai caché
Au fond d'un coffre bien scellé
Mais au bout d'une ou deux semaines
Il s'est mis a crier sa peine
Et puis quelqu'un l'a entendu
Et avec ses mains d'inconnu
A forcé l'énorme serrure
Sorti mon coeur de son armure

Ca pas pris d'temps avnt qui revienne
En pleurant comme une madeleine
Alors j'l'ai pris et j'l'ai bercé
Et quand je l'eus bien consolé
Il m'restait plus qu'a lui trouver
Un coin tranquille un endroit sûr
Alors j'l'ai mis sous l'oreiller
J'l'ai endormi d'une piqûre
Et je l'ai tout emmitouflé
Dans mon pyjama a rayures
Mais pendant que moi je dormais
Quelqu'un l'a réveillé bien-sûr

Et lorsque j'ai ouvert le yeux
Que j'ai vu que c'était toi qui était revenu
Toi, le premier de mes amouruex
Toi, le premeier de mes inconnus

Quand j'ai vu que t'avais pris mon coeur
Et que mon coeur s'était laissé faire
Que tu lui avait pas fait peur
Malgré ses souvenirs amers

Je me suis forcée à croire en toi
En m'disant qu'tu l'ferais pas deux fois
Mais comme de fait tu m'as laissée
Avec un petit coeur torturé

Ca m'a choquée d'le voir comme ça
Mon coeur si jeune et si usé
Alors je l'ai pris tout contre moi
J'lui ai dit de ne pas s'inquiéter

J'ai fait dix fois le tour d'la maison
Et pendant que j'tournais en rond
Il m'est venu une idée d'génie
J'ai dit "p'tit coeur, viens par ici"
Je l'ai déposé dans ma guitare
Sur un gros de coussin de chansons
Sous des barreaux d'acier bizarres
Mais c'est joli dans sa prison
C'est si joli dans sa prison

Lynda Lemay Index