Je Voudrais Te Prendre


Que tu sois jolie, que tu sois laide
Que tu t’en balances ou qu’ça t’importe
Avant qu’tu m’oublies ou que tu décèdes
Ouvre moi ta porte
Je voudrais te prendre dans mes bras

Que tu sois putain ou religieuse
Que tu sois faible ou que tu sois forte
Avant que ton bout d’cimetière se creuse
Ouvre moi ta porte
Je voudrais te prendre dans mes bras

Que tu te trouves lâche et qu’tu t’en veuilles
Ou que ça t’indiffère totalement
Avant que tout l’monde à part moi ne porte ton deuil
Je voudrais te prendre dans mes bras

Même si tu t’fous de c’que je pense
Même si t’es méchante comme dix
Même si ton monde ne sait pas que j’existe
Je voudrais te prendre
Je voudrais te prendre

Parce que t’es ma source et mes racines
Parce que t’es ma cigogne et mon chou
Parce que dans ton ventre il y a
Mon pays d’origine
Je voudrais te prendre dans mes bras

Que je sois ton regret le plus tendre
Que je sois ton plus mauvais souvenir
Que je me sois fait donner ou vendre
J’ai jamais cessé de t’appartenir !

Je voudrais te prendre
Je voudrais te prendre
Je voudrais te prendre dans mes bras
Et me reconnaître dans tes yeux
Je voudrais te dire que j’t’en veux pas
Même s’il y a des soirs où je t’en veux

Que tu te sois damné les entrailles
Ou que tu m’aies fait des demi-frères
Si tu te présentes aux retrouvailles
Je veux que tu m’serres
Je veux que tu m’serres dans tes bras !

Lynda Lemay Index

A L'heure Qu'il Est


A l'heure qu'il est
T'as p't'être marié une étrangère
Dans un de tes voyages d'affaire
Et puis, qui sait
Y'a p't-être au fond d'une pouponnière
Un p'tit bonhomme dont tu es l'père

À l'heure qu'il est
T'as p't'être un chalet en campagne
Dans une fôrèt , sur une montagne
Où ta famille t'accompagne
Plus j'pense à toi, plus tu t'éloignes

À l'heure qu'il est
T'es p't'être au lit collé sur elle
En train d'visiter ses dentelles

Et puis qui sait
T'as p't'être des cheveux gris sur les tempes
J'la vois d'ici qui t'complimente

À l'heure qu'il est
Y'est peut être temps que je comprenne
Qu'il faut que j'accepte ma peine
Qu'il faut que j'avance te que je la traine
Faut pas que j'attende que tu reviennes

Mais à l'heure qu'il est
T'es p't'être en train de faire tes valises
P't'être que ta femme te méprise

Et puis qui sait
A force de t'avoir à leurs trousses
P't'être qu'y a des jupons qui s'retroussent

À l'heure qu'il est
Comment ça s'fait que j'suis jalouse
Ça fait dix ans qu'j'ai les yeux rouges
Mais quelle plaisir est-ce que je peux prendre
A rien savoir a tout prétendre

À l'heure qu'il est
T'as p't'être pas calmé tes colères
Tes p't'être assis devant ta bière
Ent train de secouer la salière
En regardant ta vie s'défaire

À l'heure qu'il est
J'ai cette dernière hypothèse
P't'être que tu viens d'quitter ta chaise

Et puis qui sait
P't'être que tu viens d'ouvrir la porte
P't'être que la raison pour que tu sortes
C'est qu't'en peux plus
Ça fait peut être dix ans qu't'hésites
Dix appartements que t'habites
En sachant bien qu'un jour ou l'autre
Tu r'viendras vivre dans le notre!...

Lynda Lemay Index

La Marmaille


Longtemps j'ai cru que la marmaille
J'en voudrais jamais dans mes jambes
Que j'endurerais jamais que ça braille
Même en punition dans une chambre

Longtemps j'ai cru que la marmaille
Y'avait des filles faites pour ça
Et qu'elles méritaient des médailles
Et j'étais pas de ses filles là

Mais d'où me vient cette envie folle
Mais d'ou me sortent ces idées là
Cette passion des cours d'écoles
Cet attendrissement que voilà
J'm'émeus devant les femmes enceintes
Qui magasinent les berceaux
Qui ont les seins gros comme ma crainte
D'avoir toute la marmaille à dos
Toutes mes certitudes s'écroulent
J'veux d'la marmaille à moi
J'veux moucher les p'tits nez qui coulent
J'veux mettre ça en pyjama
Je veux que ça crit je veux que ça saute
Que ça brise des matelas
Et j'veux que ça salisse des chaises hautes
J'veux d'la marmaille à moi

J'sais pas pourquoi mais la marmaille
J'croyais que ça m'allait pas à la face
Que ça priait pour que j'm'en aille
Quand j'avais l'hiver dans leur espace

Longtemps j'ai cru que la marmaille
J'en aurai jamais sur les bras
Qu'j'avais ni l'coeur ni les entrailles
Assez solides pour porter ça

Mais d'où me vient cette envie folle
Mais d'ou me sortent ces idées là
Cette passion des cours d'écoles
Cet attendrissement que voilà
J'm'émeus devant les femmes enceintes
Qui magasinent les berceaux
Qui ont les seins gros comme ma crainte
D'avoir toute la marmaille à dos
Toutes mes certitudes s'écroulent
J'veux d'la marmaille à moi
J'veux moucher les p'tits nez qui coulent
J'veux mettre ça en pyjama
Je veux que ça crit je veux que ça saute
Que ça brise des matelas
Et j'veux que ça salisse des chaises hautes
J'veux d'la marmaille à moi

J'veux nettoyer des genoux qui saignent
J'veux d'la marmaile à moi
Je veux que ça boude je veux que ça s'plaigne
J'veux emmener ça au cinéma

J'veux ressuciter l'père noël
J'veux que ça y croient
J'veux qu'ça attrape la varicelle
J'veux d'la marmaille à moi

Mon univers a basculé
J'veux de la marmaille à moi
Et c'est depuis qu't'es arrivé j'veux de la marmaille
J'veux de la marmaille de toi

Je veux que ça crit je veux que ça saute
Que ça brise des matelas
Et je veux que ça salisse des chaises hautes
J'veux d'la marmaille à moi

Lynda Lemay Index

Paul-Emile A Des Fleurs


Laissez-la donc tranquille
Laissez-la donc dormir
Retirez-vos aiguilles
Laissez-la donc partir

C'est le ciel et vos machines
Qui tire chacun d'leur bord
Ils sont la qui s'obstinnent
C't'as qui sera le plus fort

Laissez-la donc, j'vous jure
C'est elle la meilleure
Elle soignait mes blessures
Mieux qu'un troupeaux de vos docteurs

Arrêtez donc d'vous battre
Laissez la donc mourir
Retirez-vos sales pattes
Arrêtez d'la retenir

Lâchez-lui donc les veines
C'est pas vot'mère a vous
C'est p't'être même plus la mienne
J'la r'connais plus du tout

Elle sait dèjà par coeur
Toutes sortes de petits poèmes
Qui finissent par amen
Faut bien qu'elle voit l'seigneur

Depuis le temps qu'elle s'prépare
Pour être belle pour lui
Gâchez pas son départ
S'il faut qu'ce soit pour aujourd'hui

Laissez-la donc tranquille
Laissez-la donc rêver
Elle rêve à Paul-Emile
J'en suis persuadée

Mais bon dieu quelle tristesse
Voyez comme elle s'ennuie
Des blagues et des caresses
D'son Paul-Emile chéri

Attendez donc un peu
Rangez pas vos aiguilles
Elle manquera pas a dieu
Autant qu'a sa famille

N'la laissez pas tranquille
N'la laissez pas s'éteindre
Comme j'connais Paul-Emile
Il va aller la rejoindre

Mais ranimez la donc
Mais faites donc quelque chose
Gonflez lui les poumons
Augmentez lui ses doses

Relevez lui les paupières
Elle a la trouille du noir
Réveillez ma pauvre mère
Elle va faire des cauchemars

Cognez lui sur le coeur
Mais faites la réagir
Paul-Emile a des fleurs
Il veut les lui offrir

Lynda Lemay Index

Les Filles Seules


Les filles seules
Elles habitent avec des copines, les filles seules
Parlent des plats qu'elles se cuisinent, elle s'engueulent
À propos de choses anodines qui les agacent
Elles dorment avec des pyjamas très confortables
Elles ont l'horaire du cinéma dans un cartable
Où elles se font aussi des listes interminables

Les filles seules
Elles rêvent pourtant d'aventures et de voyages
De promenades sans chaussures le long d'une plage
Mais dans le fond d'une cabine d'essayage
Un ventre rond sous un maillot les décourage
Elles passeront juillet dans leur 2e étage
Elles n'ont pas toujours l'air plus jeunes que leur âge

Les filles seules
Elles ont de l'humour à revendre et elles rigolent
Y'a même des jours où on s'demande si elles sont folles
Elles ont des drôles d'habitudes de vieilles filles
Elles exagèrent un peu chaque fois qu'elles s'maquillent
Se trouvent de nouveaux défauts, de nouvelles rides
Tellement les pauvres filles seules s'examinent

Elles magasinent
Les jeudis, vendredis, samedis soir, elles décident
Du prochain film qu'elles iront voir, elle s'obstinent
Contre celle qui connaît l'histoire et qui la raconte
Et pendant ce temps-là, elles ne se rendent plus compte
Qu'elles se sentent seules jusqu'au bout des ongles
Et que cette maudite solitude leur fait honte

Les filles seules
Elles rêvent pourtant d'aventures et de voyages
De caresses et d'amour et même de mariage
Mais, pour les hommes, elles sont plutôt difficiles
Les filles seules ont fini de croire aux idylles
L'amour qu'elles veulent court pas toujours les rues de leur ville

On peut bien les entendre dire que c'est une chance
Que pour les enfants, elles n'auraient pas la patience
Dès qu'elles ont un pied dans le parc, il faut les voir
Pendant des heures, faire danser les balançoires
Et revenir la larme à l’oeil et le coeur triste
Malgré les airs déterminés, elle se trahissent

Les filles seules sont souvent les plus romantiques

Les filles seules
Elles habitent avec des copines

Les filles seules
Parlent des plats qu'elles se cuisinent

Elles conservent
Scellé avec de la paraffine

Un coeur de rêve

Lynda Lemay Index

Les Souliers Verts


Ça faisait deux petits mois d'amour
Qu'on s'connaissait
Pas un seul accroc dans l'parcours
C'était parfait
On a fini par s'faire l'amour
On a choisi notre moment
On était mûr, on était sûr
De nos moindre petits sentiments
J'étais sceptique, j'étais peureuse
T'as mis deux moins
À remettre ma confiance boiteuse
En bon état
J'avais baissé mon bouclier
Cessé de nous prédire une guerre
J'étais en train d'emménager
Lorsque j'ai vu... les souliers verts
Des souliers verts à talons hauts
Dans l'garde-robe
Une paire de souliers verts
Aussi suspects qu'ignobles
J'les ai r'gardés droit dans les semelles
Quand ils m'ont sauté dans la face
Et ça puait la maudite femelle
Qui a dû les porter rien qu'en masse
Et ce fut un interminable face à face

C'était entre moi et la vieille paire de godasses
Et j'ai vu ma vie défiler
Devant mes yeux déconcertés
Et j'ai senti la sueur couler
Le long d'ma tempe...
Ça faisait deux petits mois d'amour
Qu'on s'connaissait
Fallait voir ça la belle petite court
Que tu m'faisais
J'avais cessé d'me protéger
Depuis le coeur jusqu'à la chair
J'me sentais en sécurité
Jusqu'à ce que j'vois... les souliers verts
Des souliers verts à talons hauts
Sur la tablette
Une paire de souliers verts de femme
Ou de tapette
J'les ai r'gardés droit dans les semelles
Dieux merci, c'tait pas ta pointure
J'suis allée m'mettre des gants vaisselle
Pour m'emparer d'ces petites ordures
Quand j'suis arrivée dans la chambre
En t'les montrant
T'étais comme un caméléon sur le lit blanc

Je t'ai demandé à qui c'était
J'peux pas croire que t'as bredouillé
Exactement ce que j'craignais
Que t'en avais aucune idée
Que t'étais le premier surpris
Qu't'avais jamais vu ça avant
Au grand jamais, jamais d'la vie
Non ... sincèrement !!
...Ben oui ça pousse des souliers verts
C’est comme une sorte de champignon
Une sorte de quenouille ou d'fougère
Ça devait être humide dans ta maison
C'est parfaitement compréhensible
Qu'ça apparaisse des souliers verts
J'pense même qu'y en a des comestibles
Mais eux, ils poussent dans l'frigidaire
C'est sûr qu'j'ai pas à m'inquiéter
Des petites chaussures de rien du tout
Le petit modèle de fin de soirée
Pour dames à quatre pattes ou à genoux
Qui sait si c'est pas l'Saint-Esprit
Qui est venu t'octroyer des souliers
C'comme les brassières en dessous du lit
Qui poussent chez d'autres "miraculés"
Bien sûr!
Ça faisait deux petits mois d'amour
Qu'on s'connaissait
J'allais quand même pas laisser ça
Nous séparer

Mais si tu veux bien mon amour
J'vais me permettre un commentaires
Pour toutes les jeunes filles au coeur lourd
Qui ont rencontré des souliers verts
Allez chercher vos gants d'vaisselle
Puis jetez-moi ça à la poubelle
Vous saurez pas l'fond d'l'histoire
Puis c'est p't'être mieux de n'pas l'savoir !
Fermez vos yeux petites brebis
Vous irez droit au paradis
Le ciel est rempli de petits anges
Qui ont jeté des souliers aux vidanges
Et puis j'vous parie qu'en enfer
dans la basse-cour du vieux Satan
Y'a pleins de poules en souliers verts
Et y'a plein d'maris innocents
Qui n'les ont jamais vues avant
Non... sincèrement !!!
Bien sûr... !

Lynda Lemay Index

Chaque Fois Que Le Train Passe


Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps qu'la rivière coule
Elle y pense dans la rue et dans la classe
En pleine solitude et en pleine foule

Elle y pense chaque fois que le train passe
Et puis sur chaque pont qu'elle tracerse
Chaque fois qu'elle refoule ou qu'elle renverse
Une larme d'enfant et de detresse

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps dans la voiture
Derrière ses parents qui la conduise
A l'école, au marché ou a l'église

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps à la maison
Quand elle ouvre le tiroir des rasoirs
Ou la petite porte des flacons

Elle y pense chaque fois que le train siffle
Chaque fois qu'elle essaie d'aller moins mal
Chaque fois qu'elle avale ou qu'elle renifle
Une dos a grimper sur les étoiles

Elle y pense chaques fois que le train passe
Chaque fois qu'un regard tombe sur elle
Chaque fois qu'elle tombe sur le regard
Que le regard ne l'a pas trouvée belle

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps que la rivière fuit
Elle voudrait s'envoler dans l'espace
Elle voudrait s'enfoncer dans l'oubli

Elle y pense tout l'temps qu'elle se sent laide
Elle y pense chaque fois qu'elle voit sa mère
Se ruiner la vie pour lui venir en aide
Alors qu'elle pourra jamais rien y faire

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l'temps qu'l'océan danse
A marée haute comme a marée basse
Au début comme à la fin des vacances

Elle y pense et pourtant elle se retient
Elle y pense et pourtant, loin en dedans
Chaque foutue fois que le train passe
Elle a pas envie de se planter devant

Elle y pense chaque fois mais elle attend
A deux pas de ces rails qu'elle connait bien
Elle y pense chaque fois mais elle attend
De trouver la façon d'y penser moins

Elle attend qu'on lui vide sa cargaison
Et que dans le courant d'un grand fou rire
En voyant s'éloigner l'dernier wagon
Elle oublie d'penser qu'elle veut mourir

Lynda Lemay Index

Accrocher Mon Coeur


J'vais accrocher mon coeur ici
Dans c'garde robe de la maison
Entre deux costume de ski
Mort en même temps que la saison

J'vais l'accrocher en attendant
De peut-être le donner aux pauvres
En même temps que la paire de gants
Et qu'm'a ridicule tuque mauve

J'vais accrocher mon coeur
J'sais pas pourquoi j'te le dit
J'vais accrocher mon coeur ici

J'vais accrocher mon coeur ici
Ca fait tellement longtemps qu'il traine
Tu t'cognes dessus et ça t'ennuie
Vaut mieux ranger ces choses qui gênent

J'vais l'accrocher comme ces pantins
Que j'ose pas jeter, que j'garde là
Juste au cas ou, quand je sais bien
Qu'ils ne me resserviront pas

J'vais accrocher mon coeur
J'sais pas pourquoi j'te le dit
J'vais accrocher mon coeur ici

J'vais accrocher mon coeur ici
Dans c'garde robe de la maison
Parce qu'y fait pas tellement joli
Dans la nouvelle décoration

J'vais l'accrocher mon coeur promis
J'suis sur qu'y a un support vacant
C'est pas la seule fois de sa vie
Que ça va lui faire un pincement

J'vais accrocher mon coeur
J'sais pas pourquoi j'te le dit
J'vais accrocher mon coeur ici

J'vais accrocher mon coeur ici
Parce qu'y est trop gros dans la cuisine
Parce qu'y est trop tassé dans not'lit
Parce qu'y est trop lourd pour ma poitrine

J'vais accrocher mon coeur ici
Et p't'être qu'un jour laisse moi rêver
En te cherchant un parapluie
Tu sera content de l'retrouver

J'vais accrocher mon coeur
J'sais pas pourquoi j'te le dit
J'vais accrocher mon coeur ici

J'vais accrocher mon coeur
J'sais pas pourquoi j'te le dit
J'vais accrocher mon coeur ici

Lynda Lemay Index

La Louve


J'ai de ta peau en dessous des ongles
Et de tes cheveux sur mes nylons
Encore un peu de ta salive
Sur les lèvres et le menton

J'ai de tes caresses déssinées
Comme un automne sur mon dos
Et sur mes tempes, j'ai ton absence
Qui s'est échoué comme un marteau

J'ai de ta peau en dessous des ongles
Et de tes vétements sur le sol
Encore un peu de ton parfum
Mélé de sueur et puis d'alcool

J'ai de tes promesses qui m'reviennent
Comme un remord, comme un écho
Comme une espèce de vieille rengaine
En souvenir à la radio

J'ai de tes manies dans les gestes
Et de tes gestes dans les mains
De tes empreintes sur les fesses
Et ton absence...dans les reins

J'ai de ta peau en dessous des ongles
Et de mes larmes sur les doigts
De tes cigarettes encore longues
Que j'finirai d'fumer pour toi

J'ai des envies que je refoule
De décrocher le combiné
Pour te laisser savoir la boule
Au fond d'ma gorge, qui s'est coincée

J'ai de ta peau en dessous des ongles
Qui viennent encore de s'accroccher
Qui avait la conviction profonde
Que tout ton corps allait ceder

Et puis voila que j'me retouve
Griffes sorties et coeur béant
Défaite et sale comme un louve
Qui s'est battue pour son enfant... et qui a perdu

Et qui a perdu.

Lynda Lemay Index

Comme Si Tu Étais Moi


J'te ferai des maisons en carton
Comme on s'faisait quand j'étais petite
J'te ferai lancer des gros ballons
J't'achêterai des balles et des "mitts"

On fera du camping dans ton lit
On s'fera une tente avec les draps
Et on jouera à faire comme si tu étais moi

J'te donnerai mes vieilles sacoches
Et tu y cacheras tes trésors
On collectionnera des belles roches
Quand on ira jouer dehors

Je te ferai dessiner des châteaux
Et des princesses aux cheveux longs
Qui porterons de grands chapeaux
Et ton prénom

On se couchera sur le gazon
Et puis on se roulera dans les pentes
J'vais t'enseigner la natation
En mettant ma main sous ton ventre

Un jour on grimpera dans les arbres
Ça fait longtemps que je veux l'refaire
Et je te raconrterai cette fable populaire

On se prendra pour des oiseaux
Mais j'te jure qu'on s'fera pas avoir
Comme le célèbre vieux corbeau
Face au renard

On regardera les photos
De moi lorsque j'avais ton âge
"J'te ressemblais comme deux gouttes d'eau'
Que j'dirai en m'pointant l'visage

Des fois, on voudra que tu t'couches
Un peu plus tard que d'ordinaire
Pour voir voler les mouches qui font
De la lumière

Ton père et moi, on sera pas d'accord
Pour que tu vienne dormir dans le grand lit
Mais on fera des gros effort
Pour pas dire "oui"

Et on aura tellement de remords
En disant "non"
Qu'on s'endormira le coeur gros
Comme tes ballons

Lynda Lemay Index

Pourquoi Tu Restes ?


Crie pas si fort
Tu vas réveiller
Le bébé qui dort... enfin

Cherche pas encore
De quoi m'inculper
Tu trouves toujours... si bien

Dans ces moments-là
Où j'te reconnais plus
T'es qu'un dangereux inconnu

Crie pas si fort
J'veux pas t'enerver
Ne prends pas le mors... aux dents

T'es pas d'accord
J'ai pas insisté
J'ai rien provoqué... pourtant

Dans ces moments là
Tu me tiens par la peur
Avec un cadenas au coeur

Pourquoi tu restes?
Si j'vaux pas grand-chose
Si je suis qu'un bout de chair
Et un tas d'ecchymoses

Pourquoi tu restes?
Si j'vaux pas la peine
Si tu me detestes trois jours par semaine
Jusqu'ou tu m'aimes?

Crie pas si fort
Tu lui as fait peur
C'est notre bébé
Qui pleure

Tu perds le nord
Le sud est ailleurs
Tu te fais sauter... l'humeur

Dans ces moments là
J'me jure de partir
Mais j'trouve plus par où...sortir !
Pourquoi tu restes?
Si j'vaux pas grand-chose
Si je suis qu'un bout de chair
Et un tas d'ecchymoses

Pourquoi tu restes?
Si j'vaux pas la peine
Si tu me detestes trois jours par semaine
Jusqu'ou tu m'aimes?

Pleure pas si fort
Tu me fais pitié
Bien sur que j't'aime... encore

D'accord, d'accord
Je n'pars pas d'ici
Tu n'le feras plus... promis
D'accord, d'accord
Le bébé s'est endormi...

Lynda Lemay Index