DécevoirJ’ai aucun compte à rendre A quelque âme qui vive J’ai pas d’conseil à prendre Que je serais pas suivre Si je prie, si je mens Si je dis des bêtises Je ferai pas autrement Quoi que tu fasses ou dises Tu seras jamais ma mère Et même si tu l’étais J’te déclarerais la même guerre Qu’à celle que j’ai S’il y a une réussite Dont je peux me prévaloir Dont j’ai tout le mérite C’est de décevoir J’ai déçu ma famille J’ai déçu mes amours J’ai pas déçu ma fille Mais j’ai tout fait pour Quand j’ai quitté son père Elle a penché sa tête Elle a dit «je suis prête » Comme si elle comprenait Pourtant j’étais fautive Elle a dit «Oh tu sais Ce sont des choses qui arrivent » Elle est montée, tranquille Dans ma vieille bagnole Elle a changé de ville Elle a changé d’école Je sais que tu m’en veux Et que tu me condamnes Oui je passe aux aveux Et je prends tous les blâmes Toi, le témoin gentil de toutes mes erreurs Toi qui est mon amie Soit-disant la meilleure Toi qui t’montres fidèle Depuis la petite enfance Toi qui est mon modèle Un modèle de patience Je savais que j’arriverais A perdre ta confiance Mon coeur est si mauvais Qu’tu trembles d’impuissance Tu sais où j’me les mets Tes belles remontrances Puisque j’ai pas d’cervelle C’est bien là ou tu penses S’il fallait que j’m’en veuille Chaque fois que j’fais d’la peine Je serais dans mon cercueil J’me serais ouvert les veines C’pas vrai qu’y faut qu’j’me donne Une foutue seconde chance Qu’y faut que j’me pardonne Et que je recommence Dis pas d’conneries, ma vieille Je sais que j’te dérange Mais c’pas demain la veille Qu’je vais devenir un ange Et si c’est aujourd’hui Que j’dois perdre ma dernière Plutôt ma seule amie Eh bien vas y ma chère J’vais t’ajouter au poids De tous mes grands échecs Tout l’respect que j’te dois J’vais m’étouffer avec Si t’étais pas déçue Y’était temps que tu le sois C’était du temps perdu Tout ce temps avec moi Fallait pas perdre ta vie A vouloir me sauver Reprends ton crucifix Et laisse moi somber ! Il me restera ma fille Mon petit rayon d’amour Mon restant de famille Ma bouée de secours Ile me restera ma fille Qui veut me ressembler Qui danse et qui s’maquille Et qui met mes souliers Il restera ma fille Qu’tu m’offres d’adopter Car tu crains la béquille Qu’elle va m’emprunter Il ne me restera qu’elle Voilà c’est mon histoire Il ne me restera qu’elle seule A décevoir... Lynda Lemay Index Ma ChouetteY'avait toute la famille Dans la caféteria Ça prenait des paris, Certains disaient "Ce sera sans aucun doute une fille" Parce que je te portais bas Même si l'échographie Me prédisait un gars Puis y'avait ton père exalté Comme une femme Entre la crise de nerf Et puis la crise de larmes Impatient comme un cheval Derrière la barrière Qui piètine la terre Avant la course finale Et y'avait l'infirmière, Tranquille comme un poisson Diplomèe en matière de respiration Qui m'flattait la jaquette Pendant les contractions Et qui m'appelait "ma chouette" Comme si c'était moi le poupon Et bien sûr y 'avait moi, La chouette en question Tremblante comme un soldat Qui va combattre au front Comme une brebis frileuse Qui veut pas qu'on la tonde Comme une poule couveuse Qui sait pas comment pondre Finalement y'avait toi, Toi qui voulait sortir "Tant pis si c'est étroit Tant pis si ça déchire" Pressée comme la police En pleine chasse à l'homme Toi, la star en coulises J'allais t'voir en personne A l'heure où, pour être franche Moi j'en avait plein l'col Y'avait une petite balle blanche Qui prenait son envol Sur le grand terrain d'golf Où s'promenait mon docteur Qui entendait pas sonner L'téléavertisseur Y'avait toute la famille Dans la caféteria Ça mangeait des croustille Ça buvait du cola Et puis y'avait ton père Que je sentais faiblir Qui savait pas quoi faire Et encore moins quoi dire Et l'infirmière inquiète Qui regardait filer l'heure Qui m'répètait ma chouette On trouve pas ton docteur Et puis y'avait moi la chouette Qui gueulait dans la chambre Débarque de ma jaquette Ou bien j'te casse les jambes Puis y'avait l'médecin de garde Qui est venu à la rescousse De la pauvre garde malade Qui osait même plus m'dire "pousse" C'est à ce moment prècis Qu'tu t'es sorti la tête Ton père s'est évanoui Et l'infirmière m'a dit "Un dernier effort ma chouette" Quelques secondes plus tard T'étais contre mon sein Avec ton p'tit regard bouffi Qui cherchait l'mien Ton papa tout baba Pleurait comme un gamin En mettant son gros doigt En dessous de ta p'tite main Il a r'joint la famille Qui brûlait de savoir Il a dit "c'est une fille", A sorti les cigares "Elle a des p'tites fossettes, Elle a les cheveux noires Une belle fille grassouillette De 8 livres et quart Aujourd'hui ma fillette, C'est ton anniversaire T'en a plein la bavette De ton bau dessert En fait d'puis ta naissance Y'a qu'une chose qui m'inquiète C'est parfois j'ai tendance A t'appeler ma chouette ! Lynda Lemay Index AlphonseJ’m'appelle Alphonse c'est pas d'ma faute C'est mes parents qui m'ont fait l'coup Ça aurait pu tomber sur un autre On était neuf garçons chez nous Je sais qu'ça fait plusieurs prénoms Et que ça fait plusieurs baptêmes On peut manquer d’inspiration Mais y'a des limites quand même J'sais pas à quoi ils ont pensé Ils devaient être pompettes ou quequ’chose J'devais pas être beau quand j’suis né J'devais être drôle, je suppose Oh pas danger que le beau Phil Hérite d'un prénom comme le mien Philippe, pour aborder les filles Il faut avouer que ça sonne bien Moi, même posée par la plus belle La question restait sans réponse Salut toi comment tu t'appelles Vaut mieux crever que dire Alphonse Mais vous savez changer d'prénom C'plus compliqué que changer d'sexe Qu'y soit trop court qu'y soit trop long Faut s'résigner à vivre avec J'me serais bien contenté d'Stéphane Normand, Éric ou même Denis Alphonse ça peut pas chauffer de van Ça fait pas d'vagues dans une brasserie Et puis ça s'lance pas en affaires Ça s'fait manger la laine su’l'dos Même si papa était prospère Alphonse il repart à zéro Y'm'semble que si j’m’appelais Stéphane Ben j’serais peut-être pas aussi pauvre J’aurais pas une face à soutane Puis j’serais peut-être pas aussi chauve Frère Alphonse, ça c'est beau Le monastère m'ouvrait les bas Si j'étais pas si hétéro Je serais sans doute rendu là J'ai de la rancune au fond du coeur S'appeler Alphonse, ça rend méchant J'ai jamais mis une cenne de fleurs Sur le tombeau de mes parents J'm'appelle Alphonse, c'est mon prénom C'est mon problème, faut que j’m'adapte Mais je vous jure qu'une vie c'est long Affublé d'un tel handicap Je n'ai pas eu de fils encore Mais s'il faut que Dieu m’en donne un Je l’appellerai Alphonse junior Juste pour me venger sur quelqu'un Lynda Lemay Index L'IncompétenceLe gars du magasin Au rayon des matelas Il dit que c'est trop loin Ils livrent pas jusque là T'es là qu'tu lui expliques Qu'c'est à peine un détour Y'est là qu'il te réplique Qu'y peut pas changer les règles Et qu'y font pas la livraison Que c'est pas sur le trajet De ces petits camions Alors il t'remet le chèque Que tu viens juste de faire En te disant "je vous remet le chèque Que vous venez juste de faire Alors toi tu exploses Tu veux lui arracher la tête Tu reprends tes deux mille douilles Qui valaient pas deux kilomètres Et puis tu'tgrouilles et puis tu sors Car avoir fait ce que tu penses On l'aurait r'trouvé mort Gisant dans son incompétence La fille du restaurant Elle a jamais voulu Faire un petit changement À son petit menu T'es là qui lui répètes Qu'tu vas payer l'surplus Elle est là qu'elle s'entête Qu'elle peut pas changer les frites Pour mettre du riz à la place Elle a pas l'droit la p'tite Quest-ce que tu veux qu'elle fasse Alors elle t'amène ton riz Dans une assiette à part En te disant "je vous l'ai mis Dans une assiette à part Alors toi tu t'emportes Et puis tu t'obstines avec elle Tu lui dis "tiens l'idiote Va jeter tes frites à la poubelle" Et tu sors en claquant la porte Car avoir fait ce que tu penses On l'aurait r'trouvée morte Gisant dans son incompétence Le bonhomme du garage Il à changé d'avis Parait que les dommages Ils sont pas garantis T'es là que tu t'étonnes Que tu sors ton papier Il est là qu'il marmonne Qu'y peut pas changer les pièces Parce que ces pièces-là,y'en a plus A moins d'en faire venir de Grèce Ou du Caire ou d'honolulu Alors y t'propose de t'vendre Son kit de silencieuxèn te disant "Ga, laisse moi-lé jusqu'à demain Ma te l'arranger, y va être comme neu" Alors toi l'capot t'saute Et là tu l'accotes sur le mur Tu lui dis "veux tu j'vas t'larranger moi ta facture!" Et pui finalement T'en peux plus De jamais faire ce que tu penses Et tu le laisse tout nu Gisant dans son bidon d'essence ! Lynda Lemay Index EpoustouflanteJ'suis arrivée une bonne demi-heures Plus tôt que l'heure d'mon rendez-vous Le temps d'être sûre de la couleur Pour ne pas regretter après coup Le temps d'fouiller dans les revues Pour découvrir Claudia Schiffer Les bras en l'air à moitiè nue Bien entendu belle comme un coeur C'est alors que j'ai eu un flash J'ai dit "c'est comme elle que je les veux" Mon vieux faut pas que tu me les gâches Ce soir je vois mon amoureux J'ai insisté sur la longueur Y'a dit "du calme chère cliente Soyez tranquille, ayez pas peur Je vais vous rendre époustouflante" Il a dit je connais mon art Laissez-moi faire, vous allez voir Je vais vous faire un look d'enfer On va vous prendre pour une star Il semblait tellement convaincu Que je lui ai dit "je te fais confiance" J'ai pris place avec ma revue En essayant d'garder l'silence Morte de trouille avec ma cape Et ma serviette autour du cou J'ai subi la fameuse étape Du casque de bain avec des trous Messieurs vous avez pas idée Vous qui passer chez le barbier Vous faire donner un coup d'ciseaux Avant d'retourner au bureau De ce qui faut que l'on endure Et de combien on s'humilie Lorsque l'on risque notre chevelure Comme s'il s'agissait de notre vie Aux mains de c'que l'on appelle une "tante" Qui jure que l'ovale de notre visage Exige telle ou telle permanente Et puis tel ou tel balayage Oui vous qui n'êtes que témoin De notre retour hystérique La tête comme une botte de foin Et l'porte-feuille anorexique Vous qui avez la lourde tâche De réprimer votre fou rire Pendant qu'on s'cache Dans la salle de bain et qu'on refuse de sortir J'en était donc au casque affreux Qui me retombait sur les yeux Quelle facheuse position Pour apercevoir dans le salon Ma grande voisine de six pieds un Avec sa jupe et son parfum Qui s'en vient s'écrier "salut Lynda j'tai presque pas r'connue" Puis j'ai eu droit au bigoudis "c'est juste pour donner plus de corps" Que la fofolle m'avait promis Avant que je passe au séchoir Il avait simplement omis D'me dire que j'aurais l'air d'avoir D'la parenté en haiti C'était crépu quelque chose de rare Enfin comble de désespoir Les mèches blondes sont sorties rousses Le tour d'oreille fait au rasoir Fallait que j'attende que ça repousse Ce qu'y'a pire dans mon histoire C'est qu'après mon passage à la caisse J'ai dit "merci beaucoup, bonsoir" Comme la reine des épaisses Je suis revenue en beau maudit Epoustouflante qu'il m'avait dit Ben pour epoustoufler ça oui J'époustouflait en jésus Christ Je me suis étudiée dans le miroir En petite culottes en levant les bras J'ai jamais réussi à voir La ressemblance avec Claudia J'ai annulé mon rendez-vous De peur qu'le gars soit asthmatique Y'aurait pu crever sur le coup A peine passé le portique J'ai juré que plus jamais de ma vie J'aurais recours à un expert Au diable l'art, vive les tony Les beaux permanents de ma mère Lynda Lemay Index Ceux Que L'on Met Au MondeCeux que l’on met au monde Ne nous appartiennent pas C'est ce que l'on nous montre Et c'est ce que l'on croit Ils ont une vie à vivre On n'peut pas dessiner Les chemins qu'ils vont suivre Ils devront décider C'est une belle histoire Que cette indépendance Une fois passés les boires Et la petite enfance Qu’il ne faille rien nouer Qu'on ne puisse pas défaire Que des noeuds pas serrés Des boucles, si l'on préfère Ceux que l'on aide à naitre Ne nous appartiennent pas Ils sont ce qu'ils veulent être Qu’on en soit fier ou pas C'est ce que l'on nous dit C'est ce qui est écrit La bonne philosophie La grande psychologie... Et voilà que tu nais Et que t'es pas normal T'es dodu, t'es parfait Le problème est mental Et voilà qu'c'est pas vrai Que tu vas faire ton chemin Car t'arrêteras jamais De n'être qu'un gamin Tu fais tes premiers pas On se laisse émouvoir Mais les pas que tu feras Ne te mèneront nulle part Qui es-tu si t'es pas un adulte en devenir Si c'est ma jupe à moi Pour toujours qui t’attire C'est pas c'q'on m’avait dit J'étais pas préparée T'es à moi pour la vie Le bon Dieu s’est trompé Et y'a l’diable qui rit Dans sa barbe de feu Et puis qui me punit D'l'avoir prié un peu Pour que tu m'appartiennes A la vie, à la mort Il t'a changé en teigne Il t'a jeté un sort T'es mon enfant d’amour T'es mon enfant spécial Un enfant pour toujours Un cadeau des étoiles Un enfant à jamais Un enfant anormal C'est ce que j'espérais Alors, pourquoi j'ai mal ? J'aurais pas réussi À me détacher d'toi Le destin est gentil Tu ne t'en iras pas T'auras pas dix-huit ans De la même façon Que ceux que le temps rend Plus homme que garçon T'auras besoin de moi Mon éternel enfant Qui ne t'en iras pas Vivre en appartement Ta jeunesse me suivra Jusque dans ma vieillesse Ton docteur a dit ça C'était comme un. promesse Moi qui avais tellement peur De te voir m'échapper Voilà que ton petit coeur Me jure fidélité Tout ma vie durant J’conserverais mes droit Mes tâches de maman Et tu m'appartiendras Ceux que l'on met au monde Ne nous appartiennent pas C'est ce que l'on nous montre Et c'est ce que l'on croit C'est une belle Histoire Que cette histoire-là ! Mais voilà que, surprise! Mon enfant m'appartient Tu t'fous de ce que disent Les auteurs des bouquins T'arrives et tu m’adores Et tu me fais confiance De tout ton petit corps De toute ta différence J’serai pas là de passage Comme les autres parents Qui font dans un mariage Le deuil de leur enfant J'aurai le privilège De te border chaque soir Et certain jour de neige De mettre ton foulard À l'âge où d’autres n’ont Que cette visite rare Qui vient et qui repart Par soirs de réveillon Tu seras le bâton D'ma vieillesse précoce En même temps qu'le boulet Qui drainera mes forces Tu ne connais que moi Et ton ami Pierrot Que j'te décris tout bas Quand tu vas faire dodo Et tu prends pour acquis Que je serai toujours là Pour t'apprendre cette vie Que tu n'apprendras pas Car ta vie s'est figée Mais la mienne passera J'me surprends à souhaiter Qu'tu trépasses avant moi On n'peut pas t'admirer Autant que je t’admire Moi qui ai la fierté De t’voir m’appartenir J’voudrais pas qu’on t'insulte Et qu'on s'adresse à toi Comme un pauvre adulte Parce qu'on t’connaîtrait pas Si le diable s’arrange Pour que tu me survives Que Dieu me change en ange Que je puisse te suivre ! Ceux que l'on aide à naître Ne nous appartiennent pas À moins d'aider à naître Un enfant comme toi C'est une belle histoire Que celle qui est la nôtre Pourtant, je donnerais ma vie Pour qu'tu sois comme les autres ! Lynda Lemay Index Des Pieds Et Des MainsJai bien fait des pieds et des mains Pour éviter qu'au petit matin Sans exception depuis des mois Tu ne te lèves de ce pied-là Ce matin, c'est un pied dans la bouche Et ces les deux mains dans les couches Que je t'ai vu mettre le pied dehors... Pendant des heures, j'ai fait le pied de grue Avec mon coeur gros sur la main Et de pied ferme, j'ai attendu Que tu reviennes, mais en vain Ce soir, au pied de l'escalier Je n'ai vu venir que la brunante C'est dur de monter me coucher Sans te tenir la main courante Cette main que tu t'es faite sur moi Mets-la au cul de qui tu voudras Maintenant que ton pied tu le prennes ou pas J'm'en lave les mains Même celle des deux que t'as demandée Comme un gentlemen à mon père Je m'en vais la savonner Jusqu'à me libérer l'annulaire Faut que je prenne Mon courage à deux mains Et que je retombe sur mes pieds Puisque c'est clair Que t'as levé les tiens Et que tu te les es pris quelquepart T'as sûrement sauté à pieds joints Dans le premier lit d'occasion Et tu as sûrement bien en main la situation Ton pidéstal a basculé Et tu t'es sors avec rien Oui c'est à moi que ça casse les pieds À moi que ça fait du chagrin D'imaginer la cendrillon Qui a trouvé chaussure à son pied En choisissant comme chausson L'homme de seconde main que tu es J'mettrais bien ma main au feu Que tu mets déjà la tienne aux fesses Et au reste du corps pulpeux de ta princesse Cette main dans laquelle je mangeais Jusqu'à ce matin avant que tu partes Alors qu'à tes pieds je dansais Sur je ne sais plus quel pied de guerre Je donnerais ma main à couper Que ta main de maître a pris maitresse Une qui t'offre au pied levé un pied a terre Une aux mains douces qui te fait Un impeccable noeud de cravate Pendant que les mains sous le robinet Moi je me libère l'annulaire Lynda Lemay Index Chéri, Tu Ronfles !Moi j’aurais jamais cru Que j'penserais au divorce Mais l'idée m'est venu Vers la fin d'la nuit de noce C'est pas que j'te déteste Ou que j'veux t’voir mourir C'est juste que tu m’agresses Chaque fois qu'tu respires Non c'est pas qu’tu m’écoeures Ou que j'peux plus t'sentir Mais essaie de dormir Dans la pelle d'un tracteur C'est pas qu't'es pas gentil C'est qu't'as dû avaler Lorsque t'étais petit Un moteur de Harley Chéri, tu ronfles J't'ai donné des coups d'genoux J't'ai secoué, j't'ai r’tourné J't'ai roué de coups d'pied Ça rien changé du tout Quand t'es près d'étouffer Là je guette en silence Presque en train d’espérer Et puis « rron » tu r'commences J’me suis mis des bouchons Et des bonnets d'grand-mère Mais y'a tes vibrations Mesurables sur «Richter » J't'ai acheté toutes les marques D'humidificateur Pour calmer tes horreurs D'amygdales qui claquent Et puis j'ai bâillonné Ta grosse face de limace En osant prétexter Que c'était un fantasme Quand j'te pince les narines Jusqu’à c’que ça fasse mal C'est au tour des babines De faire « ppfff » comme un cheval Y'aurait l'opération Qui nous sauverait la vie Mais monsieur l'étalon A peur des bistouris Pourrais-tu m'expliquer Me confier ton secret Dis, t'es-tu fait greffer Entr'la gorge et le nez Un broyeur à déchets... Y'a sûrement une façon Une potion miracle À donner aux cochons Pour ne plus qu'y renâclent Moi j't'aimerais ma grenouille Si c'tait pas qu'tu coasses Si j'ramonais ta face À grands coups de quenouilles Au début j'me disais Que j'allais m'habituer Mais alors j'ignorais Que t'allais empirer ! Là, j'comprends le bonheur Le bonheur de ta mère au mariage Elle rêvait qu'son enfant Qu'son enfant-pas-d’muffler déménage J’vais te tirer d'affaire Si tu veux que j'me charge De t'trouver un garage Ou un vétérinaire Sinon retourne chez ta mère Avec ton vice caché J'vais lui dire de t’refaire Et puis de s'appliquer ! Lynda Lemay Index Dans Mon Jeune TempsDans mon jeune temps, comme disent les vieux J'trouvais qu'maman était vieux jeu Dans mon jeune temps, avant qu'j'sois grande J'fuyais les grands qui voulaient me prendre Dans mon jeune temps, du temps qu'j'tais petite Je voulais pas grandir trop vite Devenir sérieuse, parler d'argent J'étais heureuse dans mon jeune temps Dans mon jeune temps, j'croyais qu'l'amour C'était gratuit et pour toujours Et j'trouvais pas ça important De dire « je t'aime » à mes parents Dans mon jeune temps, je fuyais tout C'qui s'penchait pour m'faire un bisou Et lorsque hélas, on m'embrassait Dans une grimace, je m'essuyais Dans mon jeune temps, les yeux rivés Sur une bande dessiné J'oubliais tout c'qui m'entourait Tous mes toutous, tous mes jouets Même le papier peint tout nouveau Celui que j'avais choisi moi-même Celui qu'mon père sur l'escabeau Avait posé non sans problème Dans mon jeune temps, je voyais pas Tout c'qu'on faisait pour me faire plaisir J'croyais qu'le plaisir était là Et qu'y suffisait d'se servir Qu'il était comme dans un gros plat Que le bon Dieu nous préparait Dans mon jeune temps, je savais pas Combien coûtait ce que mangeais Dans mon jeune temps, quand ma grand-mère Venait me radoter le sien Et qu'elle se rappelait mon grand-père Avec des yeux comme plein d'chagrin Dans mon jeune temps, j'comprenais pas C'que voulait dire « mélancolie » J'croyais qu'y avait des mots comme ça Qui étaient là juste pour faire joli Dans mon jeune temps, je croyais qu'la vie C'était très long, mais j'ai grandi Et voilà que j'ai l'impression De manquer d'jours et de saisons Voilà que j'parles comme les vieux Avec des larmes dans les yeux De mon mariage, de ma carrière Et de tout c'que j'ai pas pu faire Y'a du tout nouveau papier peint Dans la chambre de Marie-Hélène Rien qu'parce qu'elle m'a dit y'a deux semaines Qu'elle raffolait pas de l'ancien Dans mon jeune temps, je savais pas Qu'y'aurait fallu que j'dise merci J'irais maintenant le dire à papa S'il était pas déjà parti Dans mon jeune temps, comme disent les vieux J'trouvais qu'maman était vieux jeu Elle me disait d'faire attention Chaque fois que j'sortais d'la maison Et voilà que j'fais la même chose Avec Marie-Hélène et Rose Et je les embrasses même si Elles grimacent, et puis s'essuient. Lynda Lemay Index Au Nom Des FrustréesAu nom de toutes les frustrées du monde entier Au nom de toutes les pauvres laisser pour compte J'vais crever les pneus de toutes les voitures aux vitres embuées Et je vais couper les cheveux des grandes blondes Au nom de celles qu'à l'intérieur elles sont belles Au nom de toutes les cocues inconsolables Je vais filer en douce tout les p'tits couples jusqu'à leur motel Je vais crier "au feu" quand ça à l'air agréable Au nom de toutes les bonnes femmes à la diète Au nom de toutes les victimes d'adultère J'vais accrocher sans faire exprès avec le bout de ma cigarette Tous les visons des secrétaires particulières Au nom de toutes les frustrées du monde entier Je vais kidnapper France d'Amour et Julie Mass Je vais leur faire bouffer des chips et des brownies à la la pocheté Jusqu'à voir apparaître de gros ventres flasques Au nom de toutes les pas jolies mais très gentilles Au nom de toutes les révoltées contre les hommes Je vais entrer par effraction chez les p'tits contrôleurs de filles Je vais leur faire guili-guili pendant qu'ils dorment Au nom de toutes les allergiques aux agaces Au nom de tous les ennemies de sharon stone Je vais m'assoir au cinéma derrière un couple qui s'embrasse Je vais éternuer dans les séquences cochonnes Au nom de toutes les frustrées du monde entier Au nom des mangeuses de tires de Sainte-Catherine J'vais faire signer des pétitions contre le sexe à la télé J'vais faire la chasse aux lamines de Marylin Au nom de toutes les coquettes qui vieillissent Et qui n'attire plus le regard de leur mari J'vais m'arranger pour trouver l'moyen d'faire pousser des varices Sur les gambettes des pétards de Dynastie Au nom de la désillusion et de la rage Au nom des tentations secrétes des bonnes soeurs J'vais supplier le diable de faire apparaître un feu sauvage Sur la grosse maudite bouche de Kim Basinger Au nom de toutes les frustrées du monde entier J'ai composé cette chanson thérapeutique Plus on la gueule fort, mesdames, et plus on se sent libérées Je la conseille à toutes les frustrées chroniques Lynda Lemay Index |