Les Étoiles Filantes


Si je m'arrête un instant
Pour te parler de ma vie
Juste comme ça tranquillement
Dans un bar rue St-Denis

J'te raconterai les souvenirs
Bien gravés dans ma mémoire
De cette époque où vieillir
Était encore bien illusoire

Quand j'agaçais les p'tites filles
Pas loin des balançoires
Et que mon sac de billes
Devenait un vrai trésor

Et ces hivers enneigés
À construire des igloos
Et rentrer les pieds g'lés
Juste à temps pour Passe-Partout

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
De la p'tite école et d'la cour de récré ?
Quand les avions en papier ne partent plus au vent
On se dit que l'bon temps passe finalement...

... Comme une étoile filante

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de la vie
Je constate que bien souvent
On choisit pas mais on subit
Et que les rêves des ti-culs
S'évanouissent ou se refoulent
Dans cette réalité crue
Qui nous embarque dans le moule

La trentaine, la bedaine
Les morveux, l'hypothèque
Les bonheurs et les peines
Les bons coups et les échecs

Travailler, faire d'son mieux
En arracher, s'en sortir
Et espérer être heureux
Un peu avant de mourir

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
De notre p'tit passage dans ce monde effréné ?
Après avoir existé pour gagner du temps
On s'dira que que l'on était finalement

... Que des étoiles filantes

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de ma vie
Juste comme ça tranquillement
Pas loin du Carré St-Louis

C'est qu'avec toi je suis bien
Et que j'ai pu' l'goût de m'en faire
Parce que tsé voir trop loin
C'pas mieux que r'garder en arrière

Malgré les vieilles amertumes
Et les amours qui passent
Les chums qu'on perd dans' brume
Et les idéaux qui se cassent

La vie s'accroche et renaît
Comme les printemps reviennent
Dans une bouffée d'air frais
Qui apaise les coeurs en peine

Ça fait que si à' soir t'as envie de rester
Avec moi, la nuit est douce on peut marcher
Et même si on sait ben que tout dure rien qu'un temps
J'aimerai ça que tu sois pour un moment...

... Mon étoile filante

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester...
Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester...

... Que des étoiles filantes

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Ti-Cul


Ti-Cul est pas allé
À ses cours du matin
Parce qu'en quecq'part y sait
Que ça lui sert à rien

Y'a préféré scèner
Au salon étudiant
Plutôt que d'se faire chier
D'vant un prof emmerdant

Y fait sans ambition
Un DEC en sciences humaine
Un peu à reculons
Sans trop s'donner la peine

Y voulait être comédien
Mais ses parents lui ont dit
Que c'était pas un bon ch'min
Pour être heureux dans la vie...

Facque y'é là pis y niaise
Fout rien dans ses études
Pour lui c'est d'la foutaise
D'la criss de platitude

La seule chose qui l'allume
C'est son équipe d'impro
Ou les pétards qu'y fume
Quand y fait d'la radio

Mais sa moman espère
Qu'y devienne avocat
Qu'il fasse un bon salaire
Un peu comme son popa

Mais Ti-Cul est pas un con
'Sait ben que pour être heureux
Faut vivre pour ses convictions
Et non pour celles de ses vieux

Pourquoi chercher un sens
À toutes leurs conneries ?
Ti-Cul va tenter ta chance
Et fais ton ch'min dans la vie
Parce qu'au fond le vrai plaisir
C'est p't'être juste de pas savoir
Comment qu'a va finir
Ta p'tite histoire

Et y'a son grand frère
Un genre d'insignifiant
Vendeur de cellulaires
Qui pense rien qu'à l'argent

Qui lui dit: " C'est d'valeur
T'auras jamais d'ouvrage
Parce que dev'nir acteur
C'est pelleter des nuages "

Sa vie est toute tracée
Y s'pose jamais de questions
Et à l'entendre parler
C'toujours lui qui a raison

Sauf que Ti-Cul s'en balance
Il sait que les gens bornés
Veulent masquer leur impuissance
En essayant d't'écraser

Pourquoi chercher un sens
À toutes leurs conneries ?
Ti-Cul va tenter ta chance
Et fais ton ch'min dans la vie
Parce qu'au fond le vrai plaisir
C'est p't'être juste de pas savoir
Comment qu'a va finir
Ta p'tite histoire

Une chance y'a sa copine
Une fille qui est super fine
Qui au moins le comprend
Et sait qu'y a du talent

Elle lui dit d's'accrocher
Et d'continuer à croire
qu'y s'ra p't'être accepté
Dans un conservatoire

Et qu'ya toujours l'option
Même si c't'en attendant
D'faire d'la figuration
Dans des téléromans

Parc'que pour vivre sa passion
Et pas regretter plus tard
Y faut ben comme de raison
Que tu commences en quecqu'part

C'est pour ça que demain
Y va tout abandonner
Et au diable les crétins
Qui veulent pas l'encourager
Parce qu'y sait qu'le vrai plaisir
Au fond c'est de pas savoir
Comment qu'a va finir
Sa p'tite histoire

Garder son esprit libre
Trouver un peu d'équilibre
Pour le reste y s'en fout ben
Ti-Cul a hâte à demain...

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8 Secondes


Toutes les huits secondes
Un enfant crève au tiers-monde
Parce qu'y a pas accès à l'eau
On dit que dans son pays chaud
C'est le soleil qui assèche les ruisseaux

Quand on sait qu'une toute petite fraction
De tous ces budgets militaires à la con
Pourraient abreuver les humains
Leur assurer un lendemain
Mais l'occident s'en lave encore les mains

Alors que toutes les huit secondes
Se génèrent des profits immondes
Chez les grandes multinationales
Qui croient que l'droit fondamental
D'accès à l'eau doit devenir commercial

Aujourd'hui la source est cotée en bourse
Et on se câlice ben d'la ressource
On nous dit qu'c'est inépuisable
Pas besoin de gestion viable
Y'a un signe de piastre au bout de l'eau potable

Pendant qu'les rivières coulent à flots
Certains font de l'argent comme de l'eau
Sans se soucier des écosysthèmes
C'est ben plate à dire mais ça a l'air
Qu'c'est ça l'noeud du problème !
Hey !

Toutes les huit secondes
Un nouveau cancer qui nous ronge
Eau qui devient marchandise
Aqueducs qu'on privatise
Et gouvernements complices qui improvisent

À Montréal dans les souterrains
Ils pompent l'eau qui nous appartient
Payent des peanuts pour le produit
Et comme ils ont le monopole
Font plus de profits que les compagnies d'pétrole

Toutes les huit secondes
Je ressens un peu plus de honte
Face à cette surexploitation
Et à cette triste destruction
D'la nature pour la consommation

On nous met devant des faits accomplis
Ils jouent la terre au Monopoly
Et quand ils se s'ront approprié
Les nuages, les oiseaux, les glaciers
P't'être qu'y en auront assez

Pendant qu'les rivières coulent à flots
Certains font de l'argent comme de l'eau
Sans se soucier des écosysthèmes
C'est ben plate à dire mais ça a l'air
Qu'c'est ça l'noeud du problème !
Hey !

Quand il ne restera que huit secondes
Avant la fin de ce monde
On r'pensera au genre humain
Qui à cause de l'appât du gain
Aura amené la planète au bord du ravin
Quand il restera que huit secondes...

Toutes les huit secondes
Encore plus de colère qui monte
Quand je vois mon grand pays d'eau
Être mis à sac par des salauds
Qui s'foutent d'la vie assis dans leur tour à bureau

Dans ce Québec de forêts et d'or bleu
Ces richesses doivent devenir des enjeux
Bottons les fesses des décideurs
Et devenons des précurseurs
Citoyens ! L'avenir commence astheure !!

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Plus Rien


Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis
Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre

On m'a décrit jadis, quand j'étais un enfant
Ce qu'avait l'air le monde il y a très très longtemps
Quand vivaient les parents de mon arrière grand-père
Et qu'il tombait encore de la neige en hiver

En ces temps on vivait au rythme des saisons
Et la fin des étés apportait la moisson
Une eau pure et limpide coulait dans les ruisseaux
Où venaient s'abreuver chevreuils et orignaux

Mais moi je n'ai vu qu'une planète désolante
Paysages lunaires et chaleur suffocante
Et tous mes amis mourir par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches...
Jusqu'à c'qu'il n'y ait plus rien...
Plus rien...
Plus rien...

Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis
Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre

Tout ça a commencé il y a plusieurs années
Alors que mes ancêtres étaient obnubilés
Par des bouts de papier que l'on appelait argent
Qui rendaient certains hommes vraiment riches et puissants

Et ces nouveaux dieux ne reculant devant rien
Étaient prêts à tout pour arriver à leur fins
Pour s'enrichir encore ils ont rasé la terre
Pollué l'air ambiant et tari les rivières

Mais au bout de cent ans des gens se sont levés
Et les ont avertis qu'il fallait tout stopper
Mais ils n'ont pas compris cette sage prophétie
Ces hommes là ne parlaient qu'en termes de profits

C'est des années plus tard qu'ils ont vu le non-sens
Dans la panique ont déclaré l'état d'urgence
Quand tous les océans ont englouti les îles
Et que les innondations ont frappé les grandes villes

Et par la suite pendant toute une décennie
Ce fut les ouragans et puis les incendies
Les tremblements de terre et la grande sécheresse
Partout sur les visages on lisait la détresse

Les gens ont dû se battre contre les pandémies
Décimés par millions par d'atroces maladies
Puis les autres sont morts par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches...
Jusqu'à c'qu'il n'y air plus rien...
Plus rien...
Plus rien...

Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre
Au font l'intelligence qu'on nous avait donnée
N'aura été qu'un beau cadeau empoisonné

Car il ne reste que quelques minutes à la vie
Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis
Je ne peux plus marcher, j'ai peine à respirer
Adieu l'humanité...
Adieu l'humanité...

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Hannah


Hannah est toute seule
Avec sa mélancolie
Recouverte du linceul
Dans lequel on a mis sa vie

Elle écoule les jours
Dans une solitude lunaire
Le coeur comme un poids lourd
Qui s'engloutit dans sa misère

Elle passe ses soirées
À niaiser sur internet
Avec des paumés
Qui lui verront jamais la bette

Elle parle un p'tit peu d'elle,
Du monde et parfois même de cul
A'ec ses chums virtuels
Qui resteront des inconnus...

Je l'ai croisée une soirée
Où j'étais un peu blasé...

J'l'ai écouté m'jaser
De son enfance douloureuse
Où on l'a écrasée
Même si c'tait loin d'être
Une niaiseuse

De ses vieux un peu chiants
Qui n'ont fait que la barouetter
Et de sa chère grand-maman
Chez qui elle a été élevée

Dans un quartier d'la ville
Où elle vivait introvertie
A' s'entait inutile
Et n'avait presque pas d'amis

Partait parfois l'été
À la campagne quand 'était flo
Où les beaux ciels étoilés
Lui illuminaient le cerveau

Mais son regard d'enfant
Est parti depuis longtemps...

Ving-six ans et perdue
Toujours plus désillusionnée
Elle vient qu'elle ne sait plus
À quelle connerie se raccrocher

Elle avait commencé
Un cours en secrétariat
Mais elle l'a vite lâché
Voyant qu'ça l'interessait pas

C'qu'elle aurait bien voulu
C'est travailler avec les gens
Les malades, les exclus
Ceux qui n'ont jamais eu de chance

Si elle avait confiance en elle
Autant qu'elle a de coeur
Tout son grand potentiel
S'rait là pour semer du bonheur

Mais quand on t'a brisé
La vie est ben plus malaisée...

Elle espère qu'un m'ment d'né
Elle pourra lever le voile
Sur ces sombres années
Et enfin revoir les étoiles

Elle dit qu'la solitude
C'est quecqu'chose d'assez déprimant
Qu'ça d'vient une habitude
Mais qu'on s'y fait jamais vraiment

Si les étoiles reviennent
J'te jure que je te les décroches
Et pour apaiser ta peine
J'en glisserai une dans ta poche

En attendant dors bien
On se reparle demain...

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Symphonie Pour Caza


PREMIER MOUVEMENT:
DOUX SOMMEIL DES AURORES ÉTHYLIQUES

(À non pas le matin)

Caza s'est levé magané
En fait y s'est pas l'vé, y s'est jamais couché
Y'a passé la nuit à virevolter

Son estomac fait des flick-a-flock
Y'a l'air d'un robineux habillé a'ec sa froc
Y'est couché en boule dans le fond du truck

Mais le pire dans tout ça mes enfants
C'est que quand l'soir arrive y r'devient rayonnant
Pour un party y'é toujours partant

Caza ! Il est venu ! Caza ! Notre sauveur !
Caza ! Notre lumière ! Caza !

DEUXIÈME MOUVEMENT:
PRÉLUDE À L'IVRESSE NOCTURNE

Vincent Caza est une vraie machine
Il vit toujours sa vie à full pin
Il arpente les bars, les bistros et les brasseries
Le gaz au fond, le pied dans l'tapis !
Une pinte de rousse ! (Une pinte de rousse !)
Dix pintes de rousse ! (Dix pintes de rousse !)
En s'enfilant une clope après l'autre
Une shot de fort ! (Une shot de fort !)
Deux shots de fort ! (Deux shots de fort !)
En cachant deux-trois bières dans son coat

TROISIÈME MOUVEMENT:
NUITS FOLÂTRES ET AUBES CAHOTIQUES

C'est un gentil vagabond
Pour Caza le monde est sa maison
Et puis il s'en fout
De coucher n'importe où
Sur un plancher d'bois
Ou sur un vieux sofa
Tout nu dans l'gazon
Ou ben en d'sous d'un pont
Même su'a track !
Et on l'entend gueuler: À boire tabarnak !
(C'est pas vrai)

PREMIER MOUVEMENT:
DOUX SOMMEIL DES AURORES ÉTHYLIQUES

(à non pas encore le matin)

Encore une nuit su'a robine
Y'a les deux yeux pochés qui flottent dans graisse de bines
Dans son corps y'a aucune vitamine

Déjeuner su'l side au dépanneur
Un ti-chip au vinaigre, des jujubes, d'la liqueur
Tout pour être en forme jusqu'aux p'tites heures

Mais à matin y'é pas vite su'a puck
Y'a l'air d'un gars qui sort direct d'une autre époque
Pour lui la vie c'est toujours Woodstock

Caza ! Notre frère ! Caza ! Notre berger !
Caza ! Notre seul dieu ! Caza !

DEUXIÈME MOUVEMENT:
PRÉLUDE À L'IVRESSE NOCTURNE

Quand l'ami Caza nous sort sa vieille guitare
On sait qu'la soirée va s'finir tard
Dans un pit de sable ou ben dans un sous-sol
Il beugle comme une vache espagnole
Une toune de Plume ! (Une toune de Plume !)
Deux tounes de Plume ! (Deux tounes de Plume !)
Pendant quatre heures sans aller pisser
Pis du Tom Waits ! (Pis du Tom Waits !)
Pas d'Dire Straits (Non !)
Parce que ça y'aime pas vraiment en jouer...

TROISIÈME MOUVEMENT:
NUITS FOLÂTRES ET AUBES CAHOTIQUES

C'est un sympatique pochetron !
Pour tout l'monde le meilleur compagnon
Et lui il s'en fout
De crécher n'importe où
En arrière du bar
Dans une valise de char
Couché dans un bain
Chez des Amérindiens
Même su'un banc d'parc !
Et on l'entend gueuler: "À boire Tabarnak !"
(C'est pas vrai, c'est des rumeurs)

FINALE SYMPHONIQUE EN LA MAJEUR

Cazaaaa, Cazaaaa, Cazaaaa, Cazaaaa

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La Reine


On n'avait jamais su de quel pays qu'a v'nait
Ni même l'âge qu'a l'avait ou comment qu'a s'appelait
Mais tout l'monde la surnommait La Reine
Dans l'bout d'la rue Ste-Catherine et d'la Main

A' s'promenait dans l'quartier depuis au moins dix ans
Côtoyant les putains et les itinérants
Mais quand on entendait son accent
On s'doutait qu'à v'nait pas du Lac St-Jean

Chaque soir elle prenait sous son aile
Les clochards et les junkies de fond de ruelles
Comme un ange-gardien venu du ciel
Qui serait atterri dans les poubelles

La nuit a'ec son pick-up elle faisait sa tournée
Distribuant des toasts et un peu de café
Pour donner un p'tit brin de chaleur
À ceux qui ont l'hiver dret dans le coeur

Pour les écorchés vifs elle inspirait la paix
Sa seule présence était comme un baume sur leurs plaies
Son regard était une lanterne
Pour les naufragés des sombres tavernes

Chaque soir elle prenait sous son aile
Les clochards et les junkies de fond de ruelles
Comme un ange-gardien venu du ciel
Qui serait atterri dans les poubelles

Selon c'que dit Paulo un chauffeur de taxi
Elle aurait fui la guerre pour immigrer ici
Y'a de ca une couple de décennies
Quand y'ont tué son p'tit gars pis son mari

Et c'qu'elle aurait trouvé pour s'accrocher à'vie
C'est d's'occuper des pauvres et des plus démunis
Au lieu d'vivre triste éternellement
Elle avait maintenant des centaines d'enfants

Chaque soir elle prenait sous son aile
Les clochards et les junkies de fond de ruelles
Comme un ange-gardien venu du ciel
Qui serait atterri dans les poubelles

Ça s'est passé hier dans la nuit du douze au treize
En sortant d'son pick-up a' eu comme un malaise
Près d'chez elle au métro Du Collège
On l'a retrouvée morte dans un banc d'neige

On n'aura jamais su de quel pays qu'à v'nait
Ni même l'âge qu'a l'avait ou comment qu'a s'appelait
Mais c'matin les gens pleuraient la Reine
Dans l'bout d'la rue Ste-Catherine et d'la Main

Mais au moins elle a repris ses ailes
Pour partir vers un monde un peu moins cruel
Et même si elle croyait pas en Dieu
C'est sûr qu'elle vole quecq'part où l'ciel est bleu

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En Attendant (Le Reel De Nos Gens)


C'est ben la mode depuis quecq'temps
À la veille de chaque élection
On nous scande le mot changement
Qu'on nous promet sur tous les fronts

Bien sûr ça s'avère être du vent
C'pas la première fois qu'on nous pogne
Le programme d'un gouvernement
C'comme une promesse d'ivrogne

Mais l'monde oublie vite c'est pas grave
Suffit de faire un bon budget
D'parler d'santé pour que les caves
Vous réélisent l'année d'après

Comme ça vous pourrez en cachette
Continuer d'exploiter les hommes
Et mondialiser la planète
Pour enrichir vos chum

En attendant vive le changement !
Celui qu'vous offrez toué quatre ans
Car si tout ça fait qu'on régresse
C'est vrai ! Qu'vous t'nez vos promesses

Les beaux slogans politiques
" Nous sommes prêts ", oui vous êtes prêts !
À privatiser c'qui est public
Soi-disant dans notre intérêt

Quand en plus ils passent dans l'tordeur
Les acquis sociaux du passé
R'venir au temps du cheap labour
C'tu ça être " sous traité "?

Pour qu'leurs projets soient acceptés
Y'inventent des nouvelles expressions
Même les termes sont aseptisés
Pour mêler la population

Réingénérie de l'État
Ou ben dérèglementations
C'est tu pour m'passer un savon
Qu'tu m'sors ton charabia ?

En attendant vive le changement !
Celui qu'vous offrez toué quatre ans
Car si tout ça fait qu'on régresse
C'est vrai ! Qu'vous t'nez vos promesses

Non à l'exploitation !
(NON !) À la domination !
(NON !) Non à l'exclusion !
Ce sont des mots qui existent encore...
Non au je m'en foutisme !
(NON !) Néo-libéralisme
(NON !) Non à l'impérialisme !
Ce sont les maux qui font qu'on s'endort...

Ça prend pas des grandes théories
Pour comprendre que toué décisions
Sont dictées par l'économie
Même si ça frôle la dérision

Quand la corruption fait fléau
Et engraisse les chums du régime
Avec L'argent de nos impôts
Moi j'appelle ça un crime

C'est donc pour ça que j'dis no way !
À leurs faux changements chloroformes
Qui nous imposent de reculer
Tout ça sous l'couvert de réformes

J'pense que dans cette médiocratie
Où on s'perd dans les convergences
Gueuler reste la porte de sortie
Pour contrer l'ignorance

En attendant le vrai changement
Celui qui fera aller d'l'avant
J'me bouge le cul pis j'me questionne
Et je contre-révolutionne...

Non à l'exploitation !
(NON !) À la domination !
(NON !) Non à l'exclusion !
Ce sont des mots qui existent encore...
Non au je m'en foutisme !
(NON !) Néo-libéralisme
(NON !) Non à l'impérialisme !
Ce sont les maux qui font qu'on s'endort
Dérèglementations !
(NON !) Les privatisations !
(NON !) Voir plus loin qu'l'horizon !
Et se rassembler pour être forts

Envoyons d'l'avant nos gens
Envoyons d'l'avant
Envoyons d'l'avant nos gens
Envoyons d'l'avant !
Envoyons d'l'avant nos gens
Envoyons d'l'avant
Envoyons d'l'avant nos gens
Envoyons d'l'avant !

Envoyons d'l'avant nos gens
Envoyons d'l'avant
Envoyons d'l'avant nos gens
Envoyons d'l'avant !

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Lettre À Lévesque


Ta cigarette au bec
Du haut du firmament
Tu dois r'garder l'Québec
Pis t'dire que c'est ben décevant

Quand tu vois les pas bons
Et tous les p'tits carriéristes
Qui s'présentent aux élections
Comme des vrais opportunistes

Mais loin de moi, René
L'envie d'en beurrer épais
Ou de trop te glorifier
Le monde l'a déjà assez fait

Mais c'est quand même un peu dommage
De voir que de ton héritage
Il reste juste ma p'tite chanson
Pis un boulvard à ton nom

Quand je r'garde ma contrée
Perdue et à l'abandon
Sans projet d'société
Et m'née par des pauvres pions
Champions de la langue de bois
Et du politicaly correct
'Me semble que c'pas ça
Qu'tu voulais pour le Québec

À part de ça mon Ti-Poil
La vie es tu moins plate au ciel ?
Parce qu'ici les temps sont un p'tit peu sombres
J'te dis ça d'même mais r'vire toi pas dans ta tombe

Toi qui étais au coeur
De cette grande révolution
Qui a mis l'Québec à l'heure
De toutes les modernisations

Tu dois être franchement déçu
De voir qu'on retourne en arrière
Vous qui vous étiez battus
Pour qu'on soit maîtres de nos affaires

Pour c'qui est d'la souveraineté
On peut pas dire que c'est la fièvre
Le projet s'est mal renouvelé
Et on en parle du bout des lèvres

Mais quoique qu'à voir les extrémistes
Qui se réclament Patriotes
Avec leur discours passéiste
J'me dis qu'on est loin du jack-pot

Si on r'garde ça René
Les enjeux ont bien changé
Et les jeunes se conscientisent
Faudrait écouter ce qu'ils disent
Et que pour bâtir un pays
Faudrait pas oublier d'inclure
Les citoyens des autres ethnies
Et leur culture

À part de ça mon Ti-Poil
La vie es tu moins plate au ciel ?
Parce qu'ici les temps sont un p'tit peu sombres
J'te dis ça d'même mais r'vire toi pas dans ta tombe

Pour moi l'projet idéal
S'rait d'garder les droits acquis
Et les bases fondamentales
De la sociale-démocratie

Tout en restant vigilants
Face aux courants mondialistes
Mais bien sûr sans pour autant
Devenir anti-capitalistes

Moi j'verrais un pays
Qui ferait un compromis
Entre les mots écologie
Justice et économie

Parce que bien avant ma Patrie
Et toutes les politicailleries
J'prône les causes humanitaires
Et j'suis amoureux de la terre

Alors j'sais pas c'que t'en penses
Mais pour moi ça a ben du sens
De faire quecqu'chose de rassembleur
Qui f'rait d'nous des innovateurs
Une société plus équitable
Où l'développement serait durable
Et là c'est sûr que j'cocherais " oui "
Pour un pays...

Facque d'ici-là j'prends c'qui m'reste
De ma fierté de Québecois
Et j'te dis, René: " à la prochaine fois ! "
Et j'nous dis: " à la prochaine fois ! "

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Ces Temps-Ci


Icitte à soir, y mouille à siot
On a donné un pas pire show
Le motel est pas vraiment swell
Une chance t'es là pis qu'j'te trouve belle...

J'te r'garde dormir comme un bébé
C'est plate j'avais envie d'jaser
C'pas grave chu habitué Chérie
De m'parler tout seul ces temps-ci...

Depuis quec'qu' s'maines j'dors pu' d'mes nuits
J'ai la tête remplie de bibites
C'est vrai que j'mène une drôle de vie
Des fois j'me dis qu'c'est d'la bulshit

J'aimerais ça pouvoir me r'trouver
Parce qu'chu mêlé comme ça s'peut pas
Le monde entier pourrait crever
Chu juste ben quand t'es dans mes bras...

Je sais qu'y s'passera jamais rien
Qu'entre toi pis moi ça pas d'allure
Quand j'vas r'partir au p'tit matin
On va se dire à la r'voyure...
Même si j't'aimais ben p'tit trésor
Et que mon coeur s'tait accroché
Quecqu'part sur ta route du nord
Entre Baie-Comeau pis Port-Cartier

T'es heureuse ici qu'tu m'disais
Loin des gens stressés de Montréal
Pis y'a ton chum qui est dans l'portrait
C'est moi l'perdant si j'fais l'total

Mais fais-toi en pas trop pour moi
J'en ai vu d'autres, chu un grand garçon
C'fait longtemps qu'je me fais pu d'fausses joies
J'sais qu'ça r'vire en vraies déceptions

Le soleil vient juste de se l'ver
Dehors on entend les moineaux
Qui gazouillent comme pour me rappeler
Qu'tantôt je r'pars pour Gatineau
Je r'viens pas dans l'boute avant mai
D'ici là donne-moi d'tes nouvelles
Tu m'appelleras à frais virée
Pour me souhaiter joyeux Noël...

Sais-tu au moins qu'tu m'as fait croire
Qu'il est encore possible d'être heureux ?
Pis ça c'est c'qu'on appelle d'l'espoir
C'toujours ça d'pris quand t'as pas mieux

T'étais sûrement pas rien qu'un kik
Mais là c'pas mal trop compliqué
Si dans vie y faut prendre des risques
Faut savoir aussi s'en aller

Ça fait que j'vas m'fermer la gueule
Et continuer mon ch'min tout seul
A'ec mon p'tit coeur dans les shoe-claques
Pis ton sourire dans mon pack-sack
Mais tsé tu peux m'rappeler pareil
T'es comme mon p'tit rayon d'soleil
Dans ce monde complètement fucké
Où j'aurais p'être eu besoin d'toé

Dans ce monde complètement fucké
Où j'aurais p'être eu besoin d'toé

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Ma Belle Sophie


Arrête de porter
Tout l'poids du destin
Sur ton dos
J's'rai encore là demain
Même s'il fait pas plus beau

Éteins le tonnerre
Qui gronde en toi ma belle Sophie
Tsé qu'on est que du monde
Et qu'le monde est petit
Tout petit
Tout petit
Pour tout savoir
Pour tout comprendre
Beaucoup de choses plus grandes
Plus grandes que nous

Mais p't'-être bien que des fois
Y'a tout simplement rien
Rien à comprendre
Rien à comprendre
Pourquoi si tôt elle est partie
Laissant un chagrin trop gros
Dans tes yeux
Rien à faire du bon Dieu
Quand on trouve pas les mots
Pour expliquer
Pour expliquer

Mais arrête de pleurer
Ma belle Sophie
Dis-toi qu'il y a un ciel
Caché dans ton nuage
Et que même la peine
Que tu traînes comme un bagage
N'est pas immortelle...
N'est pas immortelle...

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Shish Taouk


Shish Taouk

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Camping Ste-Germaine


C'était un beau matin
Pour Gina Pinard et Jay-Pee Labrosse
En Mustang sur la 20
Main dans la main vers leur voyage de noces

Jay-Pee 'tait ben content
Parce qu'y sait ben que quand y s'donne la peine
Y fait les choses en grand
Y'a réservé au camping Ste-Germaine !

Dret arrivés là-bas
Au beau milieu du festival Country
Y'avait une tombola
Pis du Paul Daraîche qui jouait dans l'plancher

Y'ont parké leur roulotte
Sur un p'tit terrain pas loin du Casse-croûte
C'tait pas un mauvais spot
Parce qu'y entendaient presque pas l'autoroute

C'est dans l'odeur de patates frites
Qu'ils se sont payé une p'tite vite...

Dans les broussailles du camping Ste-Germaine
Où le temps s'est figé dins années 70
Icitte on s'dore la couenne
En gougounes en bédaine
En écoutant Elvis
Ben accotés su'l bumper
La Laurentide dans l'cooler !

Le lendemain Jay-Pee
Voulait encore impressionner sa douce
" Check ben ça " qui y'a dit
" M'en va aller t'gagner un beau nounours "

Au jeu du gun à plombs
Y s'est fait escroquer par un forain
Maudit qu'y s'trouvait con
Cent piastres c'est cher pour un p'tit toutou d'chien
(Ouin sacré forain surement des gars de Beauce Carnaval)

Mais y a oublié ça
Parce que l'soir y'avait l'occasion d'se r'faire
En gagnant l'championnat
Du tournoi d'pétanque annuel du maire

Mais y s'est effondré
En finale contre un gars aux c'hveux grichous
Qui n'avait pas de dentiers
Pis qui portait un beau chandail de loup !

Mais pour bien le réconforter
Sa belle Gina l'a entrainééééé !

Dans les broussailles du camping Ste-Germaine
Où le temps s'est figé dins années 70
Icitte on s'dore la couenne
En gougounes en bédaine
En écoutant Elvis
Sur un vieux tape à cassettes
A'ec d'la Laurentide tablette !

Mais au bout de quecqu'temps
Gina a commencé à prendre un coup
En voyant qu'son amant
Ne s'occupait jamais d'elle pour deux sous

Y'était toujours pogné
Dans ses lignes de pognes pis ses games de fers
Elle en a eu assez
A' s'est dit ça va être ta fête mon Jean-Pierre !

Ça fait qu'comme y'é pas laite
À' s'est mis à cruiser le gros drummer
D'l'orchestre St-Sipoplette
Qui jouait c'soir-là pour l'Halloween des campeurs

Jay-Pee qui picolait
Avec les gars d'l'équipe de balle-donnée
Y'a pas vu c'qui s'passait
Quand sa belle est partie dans l'p'tit boisé
(Bonsoir elle est partie)

Et jusqu'au fond de la campagne
On a entendu un bing bang !
(Bing bang bang bing bang bing bing bang bang !)

Dans les broussailles du camping Ste-Germaine
Là où y tombe des clous depuis au moins une s'maine
Tout seul dans sa roulotte
Jay-Pee trouve ça moins hot
Depuis qu'y a pu d'nouvelles
De celle qu'y appelait sa "Belle"

Qu'on aurait vu partir incognito
Dans un Station Wagon peinturé au rouleau
La crinière dans le vent
Comme Marylin Monroe
Avec le gars pas d'dents
Qui avait les ch'veux grichous
Et un chandail de loup...

(Gina, oû que tu soiye je t'attendrai, car je t'aime, à toi pour toujours, ton Jean-Pierre)

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Si La Vie Vous Intéresse


Je vais jouer la game jusqu'au bout
J'travaillerai pour faire des bidous
J'veux flasher et péter d'la broue
Je suis un triste humain du 21ème siècle
Pose pas d'questions, tout est correct

Même si j'sais que tout va d'travers
Que la moitié de mon salaire
Sert à gagner l'cash nécessaire
Qu'il me faut simplement pour aller travailler
J'ferme les yeux, j'veux pas y penser

J'sais aussi que j'suis prisonnier
D'une grosse cage aux barreaux dorés
Que j'vis sur du temps emprunté
À des banques et à des compagnies de crédit
Ça m'prend ma dose j'suis un junkie

Si la vie vous intéresse
Vous êtes à la bonne époque
Venez célébrer cette Grand-messe
Vous vous sentez inutiles ?
Consommez ! On a du stock
Pour combler l'trou de vos vies serviles !

J'vis dans monde en décadence
Qui se complait dans l'abondance
Et où les gens se mettent en transe
Devant la réussite et les biens matériels
On crée l'plaisir artificiel

Société de contradictions
Où se cotoient beautés canons
Stars d'hollywood aux faux totons
Et obèses aux gros culs su'l bord d'la crise de coeur
Dans cette " culture du hamburger "

Et malgré que s'creuse le fossé
Entre richesse et pauvreté
Moi j'me sens pas trop concerné
En autant qu'ces choses-là
Se passent pas dans ma vie
J'me rentre la tête dans mon nombril

Si la vie vous intéresse
Vous êtes à la bonne époque
Venez célébrer cette Grand-messe
Vous vous sentez inutiles ?
Consommez ! On a du stock
Pour combler l'trou de vos vies serviles !

Pour les marchands et les vendeurs
Les publicitaires bullshiteurs
Mon compte de banque a d'l'intérêt
Ch'pu un humain chu un guichet

Des magasins à grandes surfaces
Des portions géantes pour la masse
Capitalisme: pount d'non-retour
Yes sir ! J'ai les States dans ma cour
Dans ma cour

J'ai décidé de jouer la game
Je suis dans un cercle vicieux
Endetté chronique d'un systhème
Superficiel et permicieux

Un univers où l'verbe avoir
A pris l'dessus sur le verbe être
Où tous les gens se font accroire
Qu'la possession est la seule quête

Finis les temples et les églises
Ceux de notre civilisation
S'ront à la gloire des marchandises
Et du Dieu la Consommation

Costco, Wall Marde et pis Loblaw
La vie est belle Alleluia !
Si tu bandes pas y'a Viagra
Et God bless America !

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Épilogue (Si Tu Penses Un Peu Comme Ça)


Toi qui crois que le bonheur s'achète
Que l'argent amène la liberté
Toi qui s'dis qu'en regardant à drette
Tu feras une meilleure société

Toi qui crois qu'pour ta sécurité
La répression est vraiment nécéssaire
Toi qui passes ta vie l'esprit fermé
Peut-être bien que tu mourras amer

Car si tu penses un peu comme ça
Moi j'te dis que t'es dans l'champ mon gars
J'voudrais pas marcher
Dans tes souliers...

Toi qui crois qu'exploiter la nature
Est une bonne chose pour faire ton profit
Même quand les générations futures
S'ront prises avec le fruit de ta folie

Toi qui s'fous d'la condition humaine
Qui méprises les gens dans la misère
Toi qui s'dis qu'ils n'en valent pas la peine
Je souhaite bien que tu mourras amer

Car si tu penses un peu comme ça
Moi j'te dis que t'es dans l'champ mon gars
J'voudrais pas marcher
Dans tes souliers...

Toi qui as fait ta place dans l'histoire
Avec la haine, les conflits et les guerres
Toi qui s'dis que détenir le pouvoir
C'est de faire du monde un cimetière

Toi qui crois que ton propre salut
Et ton court passage sur cette terre
Valent plus cher que toutes les vertus
J'espère bien que tu mourras amer

Car si tu penses un peu comme ça
Moi j'te dis que t'es dans l'champ mon gars
J'voudrais pas marcher
Dans tes souliers...

J'voudrais pas marcher
Dans tes souliers...

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