Les Étoiles FilantesSi je m'arrête un instant Pour te parler de ma vie Juste comme ça tranquillement Dans un bar rue St-Denis J'te raconterai les souvenirs Bien gravés dans ma mémoire De cette époque où vieillir Était encore bien illusoire Quand j'agaçais les p'tites filles Pas loin des balançoires Et que mon sac de billes Devenait un vrai trésor Et ces hivers enneigés À construire des igloos Et rentrer les pieds g'lés Juste à temps pour Passe-Partout Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester De la p'tite école et d'la cour de récré ? Quand les avions en papier ne partent plus au vent On se dit que l'bon temps passe finalement... ... Comme une étoile filante Si je m'arrête un instant Pour te parler de la vie Je constate que bien souvent On choisit pas mais on subit Et que les rêves des ti-culs S'évanouissent ou se refoulent Dans cette réalité crue Qui nous embarque dans le moule La trentaine, la bedaine Les morveux, l'hypothèque Les bonheurs et les peines Les bons coups et les échecs Travailler, faire d'son mieux En arracher, s'en sortir Et espérer être heureux Un peu avant de mourir Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester De notre p'tit passage dans ce monde effréné ? Après avoir existé pour gagner du temps On s'dira que que l'on était finalement ... Que des étoiles filantes Si je m'arrête un instant Pour te parler de ma vie Juste comme ça tranquillement Pas loin du Carré St-Louis C'est qu'avec toi je suis bien Et que j'ai pu' l'goût de m'en faire Parce que tsé voir trop loin C'pas mieux que r'garder en arrière Malgré les vieilles amertumes Et les amours qui passent Les chums qu'on perd dans' brume Et les idéaux qui se cassent La vie s'accroche et renaît Comme les printemps reviennent Dans une bouffée d'air frais Qui apaise les coeurs en peine Ça fait que si à' soir t'as envie de rester Avec moi, la nuit est douce on peut marcher Et même si on sait ben que tout dure rien qu'un temps J'aimerai ça que tu sois pour un moment... ... Mon étoile filante Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester... Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester... ... Que des étoiles filantes Les Cowboys Fringants Index Ti-CulTi-Cul est pas allé À ses cours du matin Parce qu'en quecq'part y sait Que ça lui sert à rien Y'a préféré scèner Au salon étudiant Plutôt que d'se faire chier D'vant un prof emmerdant Y fait sans ambition Un DEC en sciences humaine Un peu à reculons Sans trop s'donner la peine Y voulait être comédien Mais ses parents lui ont dit Que c'était pas un bon ch'min Pour être heureux dans la vie... Facque y'é là pis y niaise Fout rien dans ses études Pour lui c'est d'la foutaise D'la criss de platitude La seule chose qui l'allume C'est son équipe d'impro Ou les pétards qu'y fume Quand y fait d'la radio Mais sa moman espère Qu'y devienne avocat Qu'il fasse un bon salaire Un peu comme son popa Mais Ti-Cul est pas un con 'Sait ben que pour être heureux Faut vivre pour ses convictions Et non pour celles de ses vieux Pourquoi chercher un sens À toutes leurs conneries ? Ti-Cul va tenter ta chance Et fais ton ch'min dans la vie Parce qu'au fond le vrai plaisir C'est p't'être juste de pas savoir Comment qu'a va finir Ta p'tite histoire Et y'a son grand frère Un genre d'insignifiant Vendeur de cellulaires Qui pense rien qu'à l'argent Qui lui dit: " C'est d'valeur T'auras jamais d'ouvrage Parce que dev'nir acteur C'est pelleter des nuages " Sa vie est toute tracée Y s'pose jamais de questions Et à l'entendre parler C'toujours lui qui a raison Sauf que Ti-Cul s'en balance Il sait que les gens bornés Veulent masquer leur impuissance En essayant d't'écraser Pourquoi chercher un sens À toutes leurs conneries ? Ti-Cul va tenter ta chance Et fais ton ch'min dans la vie Parce qu'au fond le vrai plaisir C'est p't'être juste de pas savoir Comment qu'a va finir Ta p'tite histoire Une chance y'a sa copine Une fille qui est super fine Qui au moins le comprend Et sait qu'y a du talent Elle lui dit d's'accrocher Et d'continuer à croire qu'y s'ra p't'être accepté Dans un conservatoire Et qu'ya toujours l'option Même si c't'en attendant D'faire d'la figuration Dans des téléromans Parc'que pour vivre sa passion Et pas regretter plus tard Y faut ben comme de raison Que tu commences en quecqu'part C'est pour ça que demain Y va tout abandonner Et au diable les crétins Qui veulent pas l'encourager Parce qu'y sait qu'le vrai plaisir Au fond c'est de pas savoir Comment qu'a va finir Sa p'tite histoire Garder son esprit libre Trouver un peu d'équilibre Pour le reste y s'en fout ben Ti-Cul a hâte à demain... Les Cowboys Fringants Index 8 SecondesToutes les huits secondes Un enfant crève au tiers-monde Parce qu'y a pas accès à l'eau On dit que dans son pays chaud C'est le soleil qui assèche les ruisseaux Quand on sait qu'une toute petite fraction De tous ces budgets militaires à la con Pourraient abreuver les humains Leur assurer un lendemain Mais l'occident s'en lave encore les mains Alors que toutes les huit secondes Se génèrent des profits immondes Chez les grandes multinationales Qui croient que l'droit fondamental D'accès à l'eau doit devenir commercial Aujourd'hui la source est cotée en bourse Et on se câlice ben d'la ressource On nous dit qu'c'est inépuisable Pas besoin de gestion viable Y'a un signe de piastre au bout de l'eau potable Pendant qu'les rivières coulent à flots Certains font de l'argent comme de l'eau Sans se soucier des écosysthèmes C'est ben plate à dire mais ça a l'air Qu'c'est ça l'noeud du problème ! Hey ! Toutes les huit secondes Un nouveau cancer qui nous ronge Eau qui devient marchandise Aqueducs qu'on privatise Et gouvernements complices qui improvisent À Montréal dans les souterrains Ils pompent l'eau qui nous appartient Payent des peanuts pour le produit Et comme ils ont le monopole Font plus de profits que les compagnies d'pétrole Toutes les huit secondes Je ressens un peu plus de honte Face à cette surexploitation Et à cette triste destruction D'la nature pour la consommation On nous met devant des faits accomplis Ils jouent la terre au Monopoly Et quand ils se s'ront approprié Les nuages, les oiseaux, les glaciers P't'être qu'y en auront assez Pendant qu'les rivières coulent à flots Certains font de l'argent comme de l'eau Sans se soucier des écosysthèmes C'est ben plate à dire mais ça a l'air Qu'c'est ça l'noeud du problème ! Hey ! Quand il ne restera que huit secondes Avant la fin de ce monde On r'pensera au genre humain Qui à cause de l'appât du gain Aura amené la planète au bord du ravin Quand il restera que huit secondes... Toutes les huit secondes Encore plus de colère qui monte Quand je vois mon grand pays d'eau Être mis à sac par des salauds Qui s'foutent d'la vie assis dans leur tour à bureau Dans ce Québec de forêts et d'or bleu Ces richesses doivent devenir des enjeux Bottons les fesses des décideurs Et devenons des précurseurs Citoyens ! L'avenir commence astheure !! Les Cowboys Fringants Index Plus RienIl ne reste que quelques minutes à ma vie Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis Mon frère est mort hier au milieu du désert Je suis maintenant le dernier humain de la terre On m'a décrit jadis, quand j'étais un enfant Ce qu'avait l'air le monde il y a très très longtemps Quand vivaient les parents de mon arrière grand-père Et qu'il tombait encore de la neige en hiver En ces temps on vivait au rythme des saisons Et la fin des étés apportait la moisson Une eau pure et limpide coulait dans les ruisseaux Où venaient s'abreuver chevreuils et orignaux Mais moi je n'ai vu qu'une planète désolante Paysages lunaires et chaleur suffocante Et tous mes amis mourir par la soif ou la faim Comme tombent les mouches... Jusqu'à c'qu'il n'y ait plus rien... Plus rien... Plus rien... Il ne reste que quelques minutes à ma vie Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis Mon frère est mort hier au milieu du désert Je suis maintenant le dernier humain de la terre Tout ça a commencé il y a plusieurs années Alors que mes ancêtres étaient obnubilés Par des bouts de papier que l'on appelait argent Qui rendaient certains hommes vraiment riches et puissants Et ces nouveaux dieux ne reculant devant rien Étaient prêts à tout pour arriver à leur fins Pour s'enrichir encore ils ont rasé la terre Pollué l'air ambiant et tari les rivières Mais au bout de cent ans des gens se sont levés Et les ont avertis qu'il fallait tout stopper Mais ils n'ont pas compris cette sage prophétie Ces hommes là ne parlaient qu'en termes de profits C'est des années plus tard qu'ils ont vu le non-sens Dans la panique ont déclaré l'état d'urgence Quand tous les océans ont englouti les îles Et que les innondations ont frappé les grandes villes Et par la suite pendant toute une décennie Ce fut les ouragans et puis les incendies Les tremblements de terre et la grande sécheresse Partout sur les visages on lisait la détresse Les gens ont dû se battre contre les pandémies Décimés par millions par d'atroces maladies Puis les autres sont morts par la soif ou la faim Comme tombent les mouches... Jusqu'à c'qu'il n'y air plus rien... Plus rien... Plus rien... Mon frère est mort hier au milieu du désert Je suis maintenant le dernier humain de la terre Au font l'intelligence qu'on nous avait donnée N'aura été qu'un beau cadeau empoisonné Car il ne reste que quelques minutes à la vie Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis Je ne peux plus marcher, j'ai peine à respirer Adieu l'humanité... Adieu l'humanité... Les Cowboys Fringants Index HannahHannah est toute seule Avec sa mélancolie Recouverte du linceul Dans lequel on a mis sa vie Elle écoule les jours Dans une solitude lunaire Le coeur comme un poids lourd Qui s'engloutit dans sa misère Elle passe ses soirées À niaiser sur internet Avec des paumés Qui lui verront jamais la bette Elle parle un p'tit peu d'elle, Du monde et parfois même de cul A'ec ses chums virtuels Qui resteront des inconnus... Je l'ai croisée une soirée Où j'étais un peu blasé... J'l'ai écouté m'jaser De son enfance douloureuse Où on l'a écrasée Même si c'tait loin d'être Une niaiseuse De ses vieux un peu chiants Qui n'ont fait que la barouetter Et de sa chère grand-maman Chez qui elle a été élevée Dans un quartier d'la ville Où elle vivait introvertie A' s'entait inutile Et n'avait presque pas d'amis Partait parfois l'été À la campagne quand 'était flo Où les beaux ciels étoilés Lui illuminaient le cerveau Mais son regard d'enfant Est parti depuis longtemps... Ving-six ans et perdue Toujours plus désillusionnée Elle vient qu'elle ne sait plus À quelle connerie se raccrocher Elle avait commencé Un cours en secrétariat Mais elle l'a vite lâché Voyant qu'ça l'interessait pas C'qu'elle aurait bien voulu C'est travailler avec les gens Les malades, les exclus Ceux qui n'ont jamais eu de chance Si elle avait confiance en elle Autant qu'elle a de coeur Tout son grand potentiel S'rait là pour semer du bonheur Mais quand on t'a brisé La vie est ben plus malaisée... Elle espère qu'un m'ment d'né Elle pourra lever le voile Sur ces sombres années Et enfin revoir les étoiles Elle dit qu'la solitude C'est quecqu'chose d'assez déprimant Qu'ça d'vient une habitude Mais qu'on s'y fait jamais vraiment Si les étoiles reviennent J'te jure que je te les décroches Et pour apaiser ta peine J'en glisserai une dans ta poche En attendant dors bien On se reparle demain... Les Cowboys Fringants Index Symphonie Pour CazaPREMIER MOUVEMENT: DOUX SOMMEIL DES AURORES ÉTHYLIQUES (À non pas le matin) Caza s'est levé magané En fait y s'est pas l'vé, y s'est jamais couché Y'a passé la nuit à virevolter Son estomac fait des flick-a-flock Y'a l'air d'un robineux habillé a'ec sa froc Y'est couché en boule dans le fond du truck Mais le pire dans tout ça mes enfants C'est que quand l'soir arrive y r'devient rayonnant Pour un party y'é toujours partant Caza ! Il est venu ! Caza ! Notre sauveur ! Caza ! Notre lumière ! Caza ! DEUXIÈME MOUVEMENT: PRÉLUDE À L'IVRESSE NOCTURNE Vincent Caza est une vraie machine Il vit toujours sa vie à full pin Il arpente les bars, les bistros et les brasseries Le gaz au fond, le pied dans l'tapis ! Une pinte de rousse ! (Une pinte de rousse !) Dix pintes de rousse ! (Dix pintes de rousse !) En s'enfilant une clope après l'autre Une shot de fort ! (Une shot de fort !) Deux shots de fort ! (Deux shots de fort !) En cachant deux-trois bières dans son coat TROISIÈME MOUVEMENT: NUITS FOLÂTRES ET AUBES CAHOTIQUES C'est un gentil vagabond Pour Caza le monde est sa maison Et puis il s'en fout De coucher n'importe où Sur un plancher d'bois Ou sur un vieux sofa Tout nu dans l'gazon Ou ben en d'sous d'un pont Même su'a track ! Et on l'entend gueuler: À boire tabarnak ! (C'est pas vrai) PREMIER MOUVEMENT: DOUX SOMMEIL DES AURORES ÉTHYLIQUES (à non pas encore le matin) Encore une nuit su'a robine Y'a les deux yeux pochés qui flottent dans graisse de bines Dans son corps y'a aucune vitamine Déjeuner su'l side au dépanneur Un ti-chip au vinaigre, des jujubes, d'la liqueur Tout pour être en forme jusqu'aux p'tites heures Mais à matin y'é pas vite su'a puck Y'a l'air d'un gars qui sort direct d'une autre époque Pour lui la vie c'est toujours Woodstock Caza ! Notre frère ! Caza ! Notre berger ! Caza ! Notre seul dieu ! Caza ! DEUXIÈME MOUVEMENT: PRÉLUDE À L'IVRESSE NOCTURNE Quand l'ami Caza nous sort sa vieille guitare On sait qu'la soirée va s'finir tard Dans un pit de sable ou ben dans un sous-sol Il beugle comme une vache espagnole Une toune de Plume ! (Une toune de Plume !) Deux tounes de Plume ! (Deux tounes de Plume !) Pendant quatre heures sans aller pisser Pis du Tom Waits ! (Pis du Tom Waits !) Pas d'Dire Straits (Non !) Parce que ça y'aime pas vraiment en jouer... TROISIÈME MOUVEMENT: NUITS FOLÂTRES ET AUBES CAHOTIQUES C'est un sympatique pochetron ! Pour tout l'monde le meilleur compagnon Et lui il s'en fout De crécher n'importe où En arrière du bar Dans une valise de char Couché dans un bain Chez des Amérindiens Même su'un banc d'parc ! Et on l'entend gueuler: "À boire Tabarnak !" (C'est pas vrai, c'est des rumeurs) FINALE SYMPHONIQUE EN LA MAJEUR Cazaaaa, Cazaaaa, Cazaaaa, Cazaaaa Les Cowboys Fringants Index La ReineOn n'avait jamais su de quel pays qu'a v'nait Ni même l'âge qu'a l'avait ou comment qu'a s'appelait Mais tout l'monde la surnommait La Reine Dans l'bout d'la rue Ste-Catherine et d'la Main A' s'promenait dans l'quartier depuis au moins dix ans Côtoyant les putains et les itinérants Mais quand on entendait son accent On s'doutait qu'à v'nait pas du Lac St-Jean Chaque soir elle prenait sous son aile Les clochards et les junkies de fond de ruelles Comme un ange-gardien venu du ciel Qui serait atterri dans les poubelles La nuit a'ec son pick-up elle faisait sa tournée Distribuant des toasts et un peu de café Pour donner un p'tit brin de chaleur À ceux qui ont l'hiver dret dans le coeur Pour les écorchés vifs elle inspirait la paix Sa seule présence était comme un baume sur leurs plaies Son regard était une lanterne Pour les naufragés des sombres tavernes Chaque soir elle prenait sous son aile Les clochards et les junkies de fond de ruelles Comme un ange-gardien venu du ciel Qui serait atterri dans les poubelles Selon c'que dit Paulo un chauffeur de taxi Elle aurait fui la guerre pour immigrer ici Y'a de ca une couple de décennies Quand y'ont tué son p'tit gars pis son mari Et c'qu'elle aurait trouvé pour s'accrocher à'vie C'est d's'occuper des pauvres et des plus démunis Au lieu d'vivre triste éternellement Elle avait maintenant des centaines d'enfants Chaque soir elle prenait sous son aile Les clochards et les junkies de fond de ruelles Comme un ange-gardien venu du ciel Qui serait atterri dans les poubelles Ça s'est passé hier dans la nuit du douze au treize En sortant d'son pick-up a' eu comme un malaise Près d'chez elle au métro Du Collège On l'a retrouvée morte dans un banc d'neige On n'aura jamais su de quel pays qu'à v'nait Ni même l'âge qu'a l'avait ou comment qu'a s'appelait Mais c'matin les gens pleuraient la Reine Dans l'bout d'la rue Ste-Catherine et d'la Main Mais au moins elle a repris ses ailes Pour partir vers un monde un peu moins cruel Et même si elle croyait pas en Dieu C'est sûr qu'elle vole quecq'part où l'ciel est bleu Les Cowboys Fringants Index En Attendant (Le Reel De Nos Gens)C'est ben la mode depuis quecq'temps À la veille de chaque élection On nous scande le mot changement Qu'on nous promet sur tous les fronts Bien sûr ça s'avère être du vent C'pas la première fois qu'on nous pogne Le programme d'un gouvernement C'comme une promesse d'ivrogne Mais l'monde oublie vite c'est pas grave Suffit de faire un bon budget D'parler d'santé pour que les caves Vous réélisent l'année d'après Comme ça vous pourrez en cachette Continuer d'exploiter les hommes Et mondialiser la planète Pour enrichir vos chum En attendant vive le changement ! Celui qu'vous offrez toué quatre ans Car si tout ça fait qu'on régresse C'est vrai ! Qu'vous t'nez vos promesses Les beaux slogans politiques " Nous sommes prêts ", oui vous êtes prêts ! À privatiser c'qui est public Soi-disant dans notre intérêt Quand en plus ils passent dans l'tordeur Les acquis sociaux du passé R'venir au temps du cheap labour C'tu ça être " sous traité "? Pour qu'leurs projets soient acceptés Y'inventent des nouvelles expressions Même les termes sont aseptisés Pour mêler la population Réingénérie de l'État Ou ben dérèglementations C'est tu pour m'passer un savon Qu'tu m'sors ton charabia ? En attendant vive le changement ! Celui qu'vous offrez toué quatre ans Car si tout ça fait qu'on régresse C'est vrai ! Qu'vous t'nez vos promesses Non à l'exploitation ! (NON !) À la domination ! (NON !) Non à l'exclusion ! Ce sont des mots qui existent encore... Non au je m'en foutisme ! (NON !) Néo-libéralisme (NON !) Non à l'impérialisme ! Ce sont les maux qui font qu'on s'endort... Ça prend pas des grandes théories Pour comprendre que toué décisions Sont dictées par l'économie Même si ça frôle la dérision Quand la corruption fait fléau Et engraisse les chums du régime Avec L'argent de nos impôts Moi j'appelle ça un crime C'est donc pour ça que j'dis no way ! À leurs faux changements chloroformes Qui nous imposent de reculer Tout ça sous l'couvert de réformes J'pense que dans cette médiocratie Où on s'perd dans les convergences Gueuler reste la porte de sortie Pour contrer l'ignorance En attendant le vrai changement Celui qui fera aller d'l'avant J'me bouge le cul pis j'me questionne Et je contre-révolutionne... Non à l'exploitation ! (NON !) À la domination ! (NON !) Non à l'exclusion ! Ce sont des mots qui existent encore... Non au je m'en foutisme ! (NON !) Néo-libéralisme (NON !) Non à l'impérialisme ! Ce sont les maux qui font qu'on s'endort Dérèglementations ! (NON !) Les privatisations ! (NON !) Voir plus loin qu'l'horizon ! Et se rassembler pour être forts Envoyons d'l'avant nos gens Envoyons d'l'avant Envoyons d'l'avant nos gens Envoyons d'l'avant ! Envoyons d'l'avant nos gens Envoyons d'l'avant Envoyons d'l'avant nos gens Envoyons d'l'avant ! Envoyons d'l'avant nos gens Envoyons d'l'avant Envoyons d'l'avant nos gens Envoyons d'l'avant ! Les Cowboys Fringants Index Lettre À LévesqueTa cigarette au bec Du haut du firmament Tu dois r'garder l'Québec Pis t'dire que c'est ben décevant Quand tu vois les pas bons Et tous les p'tits carriéristes Qui s'présentent aux élections Comme des vrais opportunistes Mais loin de moi, René L'envie d'en beurrer épais Ou de trop te glorifier Le monde l'a déjà assez fait Mais c'est quand même un peu dommage De voir que de ton héritage Il reste juste ma p'tite chanson Pis un boulvard à ton nom Quand je r'garde ma contrée Perdue et à l'abandon Sans projet d'société Et m'née par des pauvres pions Champions de la langue de bois Et du politicaly correct 'Me semble que c'pas ça Qu'tu voulais pour le Québec À part de ça mon Ti-Poil La vie es tu moins plate au ciel ? Parce qu'ici les temps sont un p'tit peu sombres J'te dis ça d'même mais r'vire toi pas dans ta tombe Toi qui étais au coeur De cette grande révolution Qui a mis l'Québec à l'heure De toutes les modernisations Tu dois être franchement déçu De voir qu'on retourne en arrière Vous qui vous étiez battus Pour qu'on soit maîtres de nos affaires Pour c'qui est d'la souveraineté On peut pas dire que c'est la fièvre Le projet s'est mal renouvelé Et on en parle du bout des lèvres Mais quoique qu'à voir les extrémistes Qui se réclament Patriotes Avec leur discours passéiste J'me dis qu'on est loin du jack-pot Si on r'garde ça René Les enjeux ont bien changé Et les jeunes se conscientisent Faudrait écouter ce qu'ils disent Et que pour bâtir un pays Faudrait pas oublier d'inclure Les citoyens des autres ethnies Et leur culture À part de ça mon Ti-Poil La vie es tu moins plate au ciel ? Parce qu'ici les temps sont un p'tit peu sombres J'te dis ça d'même mais r'vire toi pas dans ta tombe Pour moi l'projet idéal S'rait d'garder les droits acquis Et les bases fondamentales De la sociale-démocratie Tout en restant vigilants Face aux courants mondialistes Mais bien sûr sans pour autant Devenir anti-capitalistes Moi j'verrais un pays Qui ferait un compromis Entre les mots écologie Justice et économie Parce que bien avant ma Patrie Et toutes les politicailleries J'prône les causes humanitaires Et j'suis amoureux de la terre Alors j'sais pas c'que t'en penses Mais pour moi ça a ben du sens De faire quecqu'chose de rassembleur Qui f'rait d'nous des innovateurs Une société plus équitable Où l'développement serait durable Et là c'est sûr que j'cocherais " oui " Pour un pays... Facque d'ici-là j'prends c'qui m'reste De ma fierté de Québecois Et j'te dis, René: " à la prochaine fois ! " Et j'nous dis: " à la prochaine fois ! " Les Cowboys Fringants Index Ces Temps-CiIcitte à soir, y mouille à siot On a donné un pas pire show Le motel est pas vraiment swell Une chance t'es là pis qu'j'te trouve belle... J'te r'garde dormir comme un bébé C'est plate j'avais envie d'jaser C'pas grave chu habitué Chérie De m'parler tout seul ces temps-ci... Depuis quec'qu' s'maines j'dors pu' d'mes nuits J'ai la tête remplie de bibites C'est vrai que j'mène une drôle de vie Des fois j'me dis qu'c'est d'la bulshit J'aimerais ça pouvoir me r'trouver Parce qu'chu mêlé comme ça s'peut pas Le monde entier pourrait crever Chu juste ben quand t'es dans mes bras... Je sais qu'y s'passera jamais rien Qu'entre toi pis moi ça pas d'allure Quand j'vas r'partir au p'tit matin On va se dire à la r'voyure... Même si j't'aimais ben p'tit trésor Et que mon coeur s'tait accroché Quecqu'part sur ta route du nord Entre Baie-Comeau pis Port-Cartier T'es heureuse ici qu'tu m'disais Loin des gens stressés de Montréal Pis y'a ton chum qui est dans l'portrait C'est moi l'perdant si j'fais l'total Mais fais-toi en pas trop pour moi J'en ai vu d'autres, chu un grand garçon C'fait longtemps qu'je me fais pu d'fausses joies J'sais qu'ça r'vire en vraies déceptions Le soleil vient juste de se l'ver Dehors on entend les moineaux Qui gazouillent comme pour me rappeler Qu'tantôt je r'pars pour Gatineau Je r'viens pas dans l'boute avant mai D'ici là donne-moi d'tes nouvelles Tu m'appelleras à frais virée Pour me souhaiter joyeux Noël... Sais-tu au moins qu'tu m'as fait croire Qu'il est encore possible d'être heureux ? Pis ça c'est c'qu'on appelle d'l'espoir C'toujours ça d'pris quand t'as pas mieux T'étais sûrement pas rien qu'un kik Mais là c'pas mal trop compliqué Si dans vie y faut prendre des risques Faut savoir aussi s'en aller Ça fait que j'vas m'fermer la gueule Et continuer mon ch'min tout seul A'ec mon p'tit coeur dans les shoe-claques Pis ton sourire dans mon pack-sack Mais tsé tu peux m'rappeler pareil T'es comme mon p'tit rayon d'soleil Dans ce monde complètement fucké Où j'aurais p'être eu besoin d'toé Dans ce monde complètement fucké Où j'aurais p'être eu besoin d'toé Les Cowboys Fringants Index Ma Belle SophieArrête de porter Tout l'poids du destin Sur ton dos J's'rai encore là demain Même s'il fait pas plus beau Éteins le tonnerre Qui gronde en toi ma belle Sophie Tsé qu'on est que du monde Et qu'le monde est petit Tout petit Tout petit Pour tout savoir Pour tout comprendre Beaucoup de choses plus grandes Plus grandes que nous Mais p't'-être bien que des fois Y'a tout simplement rien Rien à comprendre Rien à comprendre Pourquoi si tôt elle est partie Laissant un chagrin trop gros Dans tes yeux Rien à faire du bon Dieu Quand on trouve pas les mots Pour expliquer Pour expliquer Mais arrête de pleurer Ma belle Sophie Dis-toi qu'il y a un ciel Caché dans ton nuage Et que même la peine Que tu traînes comme un bagage N'est pas immortelle... N'est pas immortelle... Les Cowboys Fringants Index Shish TaoukShish Taouk Shish Taouk Shish Taouk Les Cowboys Fringants Index Camping Ste-GermaineC'était un beau matin Pour Gina Pinard et Jay-Pee Labrosse En Mustang sur la 20 Main dans la main vers leur voyage de noces Jay-Pee 'tait ben content Parce qu'y sait ben que quand y s'donne la peine Y fait les choses en grand Y'a réservé au camping Ste-Germaine ! Dret arrivés là-bas Au beau milieu du festival Country Y'avait une tombola Pis du Paul Daraîche qui jouait dans l'plancher Y'ont parké leur roulotte Sur un p'tit terrain pas loin du Casse-croûte C'tait pas un mauvais spot Parce qu'y entendaient presque pas l'autoroute C'est dans l'odeur de patates frites Qu'ils se sont payé une p'tite vite... Dans les broussailles du camping Ste-Germaine Où le temps s'est figé dins années 70 Icitte on s'dore la couenne En gougounes en bédaine En écoutant Elvis Ben accotés su'l bumper La Laurentide dans l'cooler ! Le lendemain Jay-Pee Voulait encore impressionner sa douce " Check ben ça " qui y'a dit " M'en va aller t'gagner un beau nounours " Au jeu du gun à plombs Y s'est fait escroquer par un forain Maudit qu'y s'trouvait con Cent piastres c'est cher pour un p'tit toutou d'chien (Ouin sacré forain surement des gars de Beauce Carnaval) Mais y a oublié ça Parce que l'soir y'avait l'occasion d'se r'faire En gagnant l'championnat Du tournoi d'pétanque annuel du maire Mais y s'est effondré En finale contre un gars aux c'hveux grichous Qui n'avait pas de dentiers Pis qui portait un beau chandail de loup ! Mais pour bien le réconforter Sa belle Gina l'a entrainééééé ! Dans les broussailles du camping Ste-Germaine Où le temps s'est figé dins années 70 Icitte on s'dore la couenne En gougounes en bédaine En écoutant Elvis Sur un vieux tape à cassettes A'ec d'la Laurentide tablette ! Mais au bout de quecqu'temps Gina a commencé à prendre un coup En voyant qu'son amant Ne s'occupait jamais d'elle pour deux sous Y'était toujours pogné Dans ses lignes de pognes pis ses games de fers Elle en a eu assez A' s'est dit ça va être ta fête mon Jean-Pierre ! Ça fait qu'comme y'é pas laite À' s'est mis à cruiser le gros drummer D'l'orchestre St-Sipoplette Qui jouait c'soir-là pour l'Halloween des campeurs Jay-Pee qui picolait Avec les gars d'l'équipe de balle-donnée Y'a pas vu c'qui s'passait Quand sa belle est partie dans l'p'tit boisé (Bonsoir elle est partie) Et jusqu'au fond de la campagne On a entendu un bing bang ! (Bing bang bang bing bang bing bing bang bang !) Dans les broussailles du camping Ste-Germaine Là où y tombe des clous depuis au moins une s'maine Tout seul dans sa roulotte Jay-Pee trouve ça moins hot Depuis qu'y a pu d'nouvelles De celle qu'y appelait sa "Belle" Qu'on aurait vu partir incognito Dans un Station Wagon peinturé au rouleau La crinière dans le vent Comme Marylin Monroe Avec le gars pas d'dents Qui avait les ch'veux grichous Et un chandail de loup... (Gina, oû que tu soiye je t'attendrai, car je t'aime, à toi pour toujours, ton Jean-Pierre) Les Cowboys Fringants Index Si La Vie Vous IntéresseJe vais jouer la game jusqu'au bout J'travaillerai pour faire des bidous J'veux flasher et péter d'la broue Je suis un triste humain du 21ème siècle Pose pas d'questions, tout est correct Même si j'sais que tout va d'travers Que la moitié de mon salaire Sert à gagner l'cash nécessaire Qu'il me faut simplement pour aller travailler J'ferme les yeux, j'veux pas y penser J'sais aussi que j'suis prisonnier D'une grosse cage aux barreaux dorés Que j'vis sur du temps emprunté À des banques et à des compagnies de crédit Ça m'prend ma dose j'suis un junkie Si la vie vous intéresse Vous êtes à la bonne époque Venez célébrer cette Grand-messe Vous vous sentez inutiles ? Consommez ! On a du stock Pour combler l'trou de vos vies serviles ! J'vis dans monde en décadence Qui se complait dans l'abondance Et où les gens se mettent en transe Devant la réussite et les biens matériels On crée l'plaisir artificiel Société de contradictions Où se cotoient beautés canons Stars d'hollywood aux faux totons Et obèses aux gros culs su'l bord d'la crise de coeur Dans cette " culture du hamburger " Et malgré que s'creuse le fossé Entre richesse et pauvreté Moi j'me sens pas trop concerné En autant qu'ces choses-là Se passent pas dans ma vie J'me rentre la tête dans mon nombril Si la vie vous intéresse Vous êtes à la bonne époque Venez célébrer cette Grand-messe Vous vous sentez inutiles ? Consommez ! On a du stock Pour combler l'trou de vos vies serviles ! Pour les marchands et les vendeurs Les publicitaires bullshiteurs Mon compte de banque a d'l'intérêt Ch'pu un humain chu un guichet Des magasins à grandes surfaces Des portions géantes pour la masse Capitalisme: pount d'non-retour Yes sir ! J'ai les States dans ma cour Dans ma cour J'ai décidé de jouer la game Je suis dans un cercle vicieux Endetté chronique d'un systhème Superficiel et permicieux Un univers où l'verbe avoir A pris l'dessus sur le verbe être Où tous les gens se font accroire Qu'la possession est la seule quête Finis les temples et les églises Ceux de notre civilisation S'ront à la gloire des marchandises Et du Dieu la Consommation Costco, Wall Marde et pis Loblaw La vie est belle Alleluia ! Si tu bandes pas y'a Viagra Et God bless America ! Les Cowboys Fringants Index Épilogue (Si Tu Penses Un Peu Comme Ça)Toi qui crois que le bonheur s'achète Que l'argent amène la liberté Toi qui s'dis qu'en regardant à drette Tu feras une meilleure société Toi qui crois qu'pour ta sécurité La répression est vraiment nécéssaire Toi qui passes ta vie l'esprit fermé Peut-être bien que tu mourras amer Car si tu penses un peu comme ça Moi j'te dis que t'es dans l'champ mon gars J'voudrais pas marcher Dans tes souliers... Toi qui crois qu'exploiter la nature Est une bonne chose pour faire ton profit Même quand les générations futures S'ront prises avec le fruit de ta folie Toi qui s'fous d'la condition humaine Qui méprises les gens dans la misère Toi qui s'dis qu'ils n'en valent pas la peine Je souhaite bien que tu mourras amer Car si tu penses un peu comme ça Moi j'te dis que t'es dans l'champ mon gars J'voudrais pas marcher Dans tes souliers... Toi qui as fait ta place dans l'histoire Avec la haine, les conflits et les guerres Toi qui s'dis que détenir le pouvoir C'est de faire du monde un cimetière Toi qui crois que ton propre salut Et ton court passage sur cette terre Valent plus cher que toutes les vertus J'espère bien que tu mourras amer Car si tu penses un peu comme ça Moi j'te dis que t'es dans l'champ mon gars J'voudrais pas marcher Dans tes souliers... J'voudrais pas marcher Dans tes souliers... Les Cowboys Fringants Index |