Question D'équilibreJe suis tout seul ce soir J'ai les bras collés au comptoir J'ai les pieds en bas dans la poussière La tête là-haut dans le brouillard Dans tous les couloirs J'ai cru revoir les courbes de ton corps Dans toutes les salles des aérogares Dans toutes les cales des navires du port J'ai besoin de toi pour vivre C'est une question d'équilibre Quand t'es partie ça m'a coupé les ailes Depuis le plancher m'appelle Le plancher m'appelle Faut pas m'en vouloir J'suis pas en état de te revoir J'ai laissé toutes les larmes de mon corps Dans le ruisseau en bas du trottoir Et tous les autres m'agacent Ceux qui parlent haut, ceux qui parlent fort Je ne vois que toi dans les grandes glaces Entre les bouteille de "Southern Confort" J'ai besoin de toi pour vivre C'est une question d'équilibre Quand t'es partie ça m'a coupé les ailes Depuis le plancher m'appelle Le plancher m'appelle Encore un verre Après je me couche par terre Je veux dormir en essayant de croire Que c'est encore un de tes retards Mais tous les autres m'agacent Ceux qui parlent haut, ceux qui parlent fort Je ne vois que toi dans les grandes glaces Entre les bouteilles de "Southern Confort" J'ai besoin de toi pour vivre C'est une question d'équilibre Quand t'es partie ça m'a coupé les ailes Depuis le plancher m'appelle Le plancher m'appelle Francis Cabrel Index La Fille Qui M'accompagneElle parle comme l'eau des fontaines Comme les matins sur la montagne Elle a les yeux presque aussi clairs Que les murs blancs du fond de l'Espagne Le bleu nuit de ses rêves m'attire Même si elle connaît les mots qui déchirent J'ai promis de ne jamais mentir À la fille qui m'accompagne Au fond de ses jeux de miroirs Elle a emprisonné mon image Et même quand je suis loin le soir Elle pose ses mains sur mon visage J'ai brûlé tous mes vieux souvenirs Depuis qu'elle a mon coeur en point de mire Et je garde mes nouvelles images Pour la fille avec qui je voyage On s'est juré les mots des enfants modèles On se tiendra toujours loin des tourbillons géants Elle prendra jamais mon coeur pour un hôtel Je dirai les mots qu'elle attend Elle sait les îles auxquelles je pense Et l'autre moitié de mes secrets Je sais qu'une autre nuit s'avance Lorsque j'entends glisser ses colliers Un jour je bâtirai un empire Avec tous nos instants de plaisirs Pour que plus jamais rien ne m'éloigne De la fille qui m'accompagne On s'est juré les mots des enfants modèles On se tiendra toujours loin des tourbillons géants Elle prendra jamais mon coeur pour un hôtel Je dirai les mots qu'elle attend Elle sait les îles auxquelles je pense Et l'autre moitié de mes délires Elle sait déjà qu'entre elle et moi Plus y'a d'espace et moins je respire Francis Cabrel Index Le Temps S'en AllaitCe matin j'ai joué aux billes J'ai couru les filles J'ai pris tout mon temps J'ai accroché mon coeur Aux épines des fleurs Et j'ai gagné souvent Ce soir je pousse de ma canne Les feuilles des platanes Sous les bancs de ciment Dans les odeurs de cigares Et le bruit des guitares De mes petits-enfants Je courais, je courais, je courais, je courais Et le temps s'en allait Je courais, je courais, je courais... Et tout le temps que je passe Assis à la même place Juste à bouger les yeux Avec mes vieilles rengaines Mon écharpe de laine Même quand le ciel est tout bleu Toujours la voix qui s'embrume La crainte du rhume Ou le bruit des avions Et dans le froid qui s'approche J'ai peur que les cloches Chantent bientôt mon prénom Je courrais, je courrais, je courrais, je courrais Et le temps s'en allait Je courrais, je courrais, je courrais... Toi, mon enfant que j'aime Toi qui as tant de peine Assieds-toi un moment Quels que soient ceux qui te quittent Dis-toi que le temps passe vite Et que la poussière t'attend Tu vois ces bras de misère Ont fait le tour de la terre Pour une fille de chez nous Ils ont fait sauter des tables Et des plages de sable Et des hordes de loups On était tellement bien On était tellement loin Qu'on était presque perdus On était tellement haut Et tellement beaux Qu'on ne se reconnaît plus On courrait, on courrait, on courrait, on courrait Et le temps s'en allait On courrait, on courrait, on courrait Ce matin j'ai joué aux billes J'ai couru les filles Et j'ai pris tout mon temps J'ai accroché mon coeur Aux épines des fleurs Et j'ai gagné souvent Ce soir j'ai plus de problèmes Tout le monde m'aime Mais c'est pas pareil qu'avant Parce qu'il y a le bout de ma canne Les feuilles des platanes Et c'est l'automne tout le temps Parce qu'il y a le bout de ma canne Les feuilles des platanes Et c'est l'automne tout le temps Toi mon enfant que j'aime... Francis Cabrel Index Édition SpécialeD'abord y'a cette fille Dans la boîte de verre Qui dit: "Bonne nuit, à demain" Sur un bout de musique Des bonshommes à l'envers Et puis après plus rien J'étais là à huit heures Pour les mauvaises nouvelles Elle m'a laissé tout seul Avec mes envies d'elle Derrière son visage Un paysage de neige Et puis après plus rien Après je prends mon pote Sur la radio locale Au milieu d'un discours C'est le temps qu'il espère Au-dessus de son bocal S'il arrive à faire jour Parce qu'il parait qu'y a le feu A la moitié de la terre Et qu'on attend du mieux Juste pour les sagittaires Après un dernier verre Le souffle des étoiles Et puis après plus rien Et puis après plus rien Et puis après édition spéciale Edition spéciale En couleur naturelle Mes envies d'elle Et puis après édition spéciale Edition spéciale En grandeur nature Ses yeux sur le mur Et puis après je cherche Quelqu'un que je connais Qui soit encore debout Faut pas que je me leurre A l'heure qu'il est On doit pas être beaucoup J'ai du mal à dormir A côté de personne Et le silence m'attend Je l'entend qui résonne "Allez, salut bonsoir!" Le bruit quand je raccroche Et puis après plus rien Et puis après Et puis après édition spéciale Edition spéciale En couleur naturelle Mes envies d'elle Et puis après édition spéciale Edition spéciale En grandeur nature Ses yeux sur le mur Quand je me lève La fille dans la boîte de verre A déjà dit bonjour Mon pote est reparti Dans une autre colère Sur un autre discours Mais la nuit arrive vite A ceux qui ont peur d'elle Y'a des choses qu'on évite Pas facile avec elle Après-midi tranquille Après-midi banal Et puis après, Et puis après, Et puis après ... Edition spéciale Edition spéciale Francis Cabrel Index Saïd Et MohamedElle changeait les draps de l'hôtel Les traces de doigts sur les poubelles Petite hirondelle au milieu des corbeaux Elle chantait "Desperado" Moi j'avais du retard sur le sommeil Je m'étais fait doubler par le soleil Elle de l'autre côté du couloir Elle faisait chanter les miroirs J'ai passé une heure de sa vie Une heure sous le soleil d'Algérie Sous la course des planètes Y'a des moments qu'on regrette Derrière ses paupières mi-closes Je voyais plus de gris que de rose Quand je suis parti, j'ai bien compris Que je perdais quelque chose Ses enfants qui font rien à l'école Et qui ont les poches pleines de tubes de colle De toute façon personne ne t'aide Quand tu t'appelles Saïd et Mohamed C'est le ciel en tôle ondulée pour toujours C'est la fenêtre sur la troisième cour C'est le cri des voisines plein les oreilles Et les heures de mauvais sommeil Mais s'il y a quelqu'un autour qui comprend Le mauvais français le musulman Sous la course des planètes Ça serait bien qu'il s'inquiète Avant que ses paupières n'explosent Qu'elle prenne ce gris en overdose Quand je suis parti j'ai bien compris Qu'on y pouvait quelque chose Toi t'envoies dix francs Pour les enfants du Gange Parce que t'as vu les photos qui dérangent T'envoies dix francs Pour les enfants d'ailleurs Parce que t'as vu les photos qui font peur Et elle que tu croises en bas de chez toi Elle que tu croises en bas de chez toi Depuis je suis retourné à Marseille Ses amis n'ont pas de nouvelles Y'a trop d'hirondelles Ou trop de corbeaux Elle a dû changer de ghetto Moi, je crois plutôt qu'elle Change les draps d'un autre hôtel D'autres traces de doigts Sur d'autres poubelles De l'autre côté d'un autre couloir Elle doit faire chanter les miroirs Chanter les miroirs Francis Cabrel Index L'enfant Qui DortLaissez rêver l'enfant qui dort Aux fumées bleues des châteaux forts Laissez-lui démonter le ciel Dehors c'est toujours pareil Le coin des rues comme des frontières Et toujours penser à se taire La ville encerclée sous le gel Depuis c'est toujours pareil Le temps malmème Ces hommes qui traînent Le poids de leur corps Leus phrases vides Leurs larmes sèches Leurs années d'efforts Les rues immenses Où le givre s'avance Et la patrouille dehors C'est à peine si les pavés résonnent Sous le pas lourd des moitiés d'homme Les mains fermées sur leur colère Les yeux comme privés de lumière Peut-être un jour si Dieu s'en mêle La pluie remontera au ciel Vers nos immobiles remords Mais c'est toujours pareil dehors Le temps malmène Ces hommes qui traînent Le poids de leur corps Leurs phrases vides Leurs larmes sèches Leurs années d'efforts Les rues immenses Où le givre s'avance Et la patrouille dehors Et s'il veut vivre ici longtemps Surtout laissez rêver l'enfant... Francis Cabrel Index Leila Et Les ChasseursLeïla, si tu savais les yeux qu'elle a Quand elle voit s'approcher les chasseurs Pas la peine de mentir Leïla sait ce que veut dire Ce feu sous les paupières blanches Qui fixe le dessous de ses hanches Ces mots humides de pluie Qui meurent aussitôt dits Ces corps tendus immobiles Après les éclairs faciles Leïla, elle les connaît trop Faux nez et faux numéros Même par terre même morts Et quand même les plus forts Leurs phrases pleines de détours Qui craignent la lumière du jour Ils cachent tous quelque chose Ils chassent tous quelque chose Leïla, si tu savais les yeux qu'elle a Quand elle voit s'approcher les chasseurs Y'a ceux qui pleurent de joie En ajoutant une croix Ceux qui l'aiment à tout jamais Et qui ont un avion juste après Ceux qui ont des barques sur la Seine Trop loin pour que je t'y emmène Ceux qui ont de l'or plein les châteaux Ceux qui ont des ports pleins de bateaux Leïla, si tu savais les yeux qu'elle a Quand elle voit s'approcher les chasseurs Ils parlent tellement fort Ils sont tellement nombreux Qu'un soir de fatigue elle s'endort Contre la peau de l'un d'eux Pour peu qu'il soit d'une autre sorte Un peu moins menteur que les autres Elle aura le gris du matin Et les fleurs du papier peint Leïla n'y peut pas grand chose Si elle a la fraîcheur des roses Elle est la cible de vos flèches Mais c'est pas vous qu'elle cherche Elle rêve d'un fragile, d'un fou Qui l'embrasse au quinzième rendez-vous Qui tremble en lui prenant la main Et surtout qui ne dise rien Leïla, elle les connaît trop Faux nez et faux numéros Même par terre même morts Et quand même les plus forts Ils cachent tous quelque chose Ils chassent tous quelque chose Francis Cabrel Index Dame D'un SoirDame d'un soir Je t'imagine sans effort Dame d'un soir Je te dessine quand je m'endors Laisse faire la lumière Laisse-toi soulever doucement Ferme les yeux Dehors il pleut, un peu Tu dérives captive Vers le soleil blanc d'un nouveau jour Quelqu'un t'attend Au bout de l'océan Dame d'un soir Je t'imagine sans effort Dame d'un soir Je te dessine quand je m'endors Laisse faire la lumière Laisse-toi soulever doucement Ferme les yeux Dehors il pleut, un peu Les sirènes te préviennent Qu'un voilier s'approche de ton corps Plein de rubans Et de papillons blancs Pour tes ailes d'enfant Nos épaules se frôlent Nos voiles se fondent au même feu Nos corps se glissent Jusqu'aux plages d'Atlantis Les sirènes te préviennent Qu'un voilier s'approche de ton corps Plein de rubans Et de papillons blancs Pour ton ventre d'enfant Le silence immense Juste la musique de ton coeur Personne autour Que nos haleines d'amour Aquarelle, nouvelle Sur les fils de laine roses et blancs Ferme les yeux Dehors il pleut, un peu un peu ... Francis Cabrel Index Quelqu'un De L'intérieurJ'avais besoin de chaleur Personne autour pour l'amour Le ventre des flippers Et pour parler les boules d'acier Et les zéros du compteur T'étonne pas si je suis Quelqu'un de l'intérieur Ils voulaient que je leur ressemble Ces hommes qui chassent, qui violent Qui calculent et qui vendent Et qui voulaient que j'aille après Confesser mes erreurs T'étonne pas si je suis Quelqu'un de l'intérieur J'ai supposé qu'on s'habitue Et que ce serait ma vie J'étais un peu mal au début Mais je t'assure qu'aujourd'hui J'en ris plus souvent que j'en pleure Je suis quelqu'un de l'intérieur Je les regarde qui dansent Et qui parlent et qui parlent Et qui disent plus que ce qu'ils pensent Qui se séduisent à coups de phrases de rien du tout Qui parlent tellement Qu'ils trouvent que je parle pas beaucoup Alors ils croient que je suis triste Mais si je mettais mon coeur là Au milieu de la piste Ils verraient des couleurs Ils savent même pas qu'elles existent C'est pas le courage qui me manque Qui m'empêche de sourire Y'a des moments tellement beaux Y'a que le silence pour le dire J'en ris plus souvent que j'en pleure Je suis quelqu'un de l'intérieur Peut-être ils croient que je suis calme Que je compte les étoiles Au milieu de leur vacarme Mais si un jour je dévoile Les secrets de mon âme... C'est pas le courage qui me manque Qui m'empêche de sourire Y'a des moments tellement beaux Y'a que le silence pour le dire T'as pris toute la place dans mon coeur Mais je suis quelqu'un de l'intérieur Francis Cabrel Index Les Chevaliers CatharesLes chevaliers cathares Pleurent doucement Au bord de l'autoroute Quand le soir descend Comme un dernier tourment Au milieu du tumulte En robe de ciment La fumée des voitures Les cailloux des enfants Les yeux sur les champs de torture Et les poubelles devant C'est quelqu'un du dessus de la Loire Qui a dû dessiner les plans Il a oublié sur la robe Les taches de sang On les a sculptés dans la pierre Qui leur a cassé le corps Le visage dans la poussière De leur ancien trésor Sur le grand panneau de lumière Raconter aussi leur mort Les chevaliers cathares Y pensent encore N'en déplaise à ceux qui décident Du passé et du présent Ils n'ont que sept siècles d'histoire Ils sont toujours vivants J'entends toujours le bruit des armes Et je vois encore souvent Des flammes qui lèchent des murs Et des charniers géants Les chevaliers catahres Pleurent doucement Au bord de l'auroroute Quand le soir descend Comme une dernière insulte Comme un dernier tourment Au milieu du tumulte En robe de ciment Francis Cabrel Index |