Le Monde Est SourdPendant qu'on se promène L'enfant pour cinq francs la semaine vient broder des survêts Pour l'homme blanc qui golfe en voiturette Sale temps sur la planète Oh le drôle, le drôle de temps Porter secours c'est défendu Le monde autour est sourd, bien entendu Chercheur contre nature Truqueur, sur l'honneur qui jure Faut pas que ça vous inquiète J'ai bien connu l'animal mort dans votre assiette Sale temps sur la planète Oh le drôle, le drôle de temps Porter secours c'est défendu Le monde autour est sourd, bien entendu Tricheur à la tribune Menteur amassant la fortune Grimpeur dans la tempête Rien que des doses d'eau claire au fond de la musette Sale temps sur la planète Oh le drôle, le drôle de temps Pas de témoin une fois de plus Le monde autour est sourd, bien entendu Cendrillon tombée d'un coin du Sahel perdue Sur un bout de papier me lance un appel Et dessus elle dit "c'est où exactement C'est où exactement la Tour de Babel" Monsieur sort de l'église Heureux que les hommes fraternisent Son fils qui lui fait la tête Et lui qui court acheter le fusil et les fléchettes Sale temps sur la planète Oh le drôle, le drôle de temps Porter secours c'est défendu Le monde autour est sourd, bien entendu Pendant qu'on se promène L'enfant pour cinq francs la semaine Chercheur contre nature Bien caché derrière sa devanture Tricheur à la tribune Et nous, tous les applaudir Comme la lune Comme la lune... Francis Cabrel Index Cent Ans De PlusCent ans dans la peau de l'esclave Et juste après cent ans de plus Chercher des miettes sous les tables Avant que les blancs ne marchent dessus Dormir sur des paquets de planches Chanter seulement le dimanche Tu vois la femme noire Dans le rôle de la bonne Avec tout à côté Tout tordu son bonhomme Après ça faut pas que tu t'étonnes C'est Eux qui ont fait Eux qui ont fait Son House et Charlie Patton Howlin' Wolf et Blind Lemon Bien rouge le sang de l'Afrique Sur la jolie fleur du coton La toute nouvelle Amérique La belle démocratie "Welcome" Bateaux déportant les villages Au bout de l'immense voyage Gravé dans la mémoire Pour des années-lumière Chaque larme d'ivoire Chaque collier de fer Après ça faut pas que tu t'étonnes C'est Eux qui ont fait Eux qui ont fait Son House et Charlie Patton Howlin' Wolf et Blind Lemon Toujours plaire aux marchands de fantômes Elle qu'on achète et lui que l'on donne Naître avec la peine maximum Toujours vivant dans ce que nous sommes Peuple interdit du reste des hommes Cherchant le bleu de l'ancien royaume Eux qui ont fait faut pas que ça t'étonnes Son House et Charlie Patton Blind Blake et Willie Dixon Ma Rainey et Robert Johnson Howlin' Wolf et Blind Lemon... Son House et Charlie Patton Francis Cabrel Index Presque RienEt voila tout ce que je sais faire Du vent dans des coffres en bambou Des pans de ciel pour mettre à tes paupières Et d'autres pour pendre à ton cou C'est rien que du ciel ordinaire Du bleu comme on en voit partout Mais j'y ai mis tout mon savoir-faire Et toute notre histoire en-dessous Tu vois, c'est presque rien C'est tellment peu C'est comme du verre, c'est à peine mieux Tu vois c'est presque rien... C'est comme un rêve, comme un jeu Des pensées prises dans des perles d'eau claire Je t'envoie des journées entières Des chats posés sur les genoux Des murs couverts de fleurs que tu préfères Et de la lumière surtout Rien que des musiques légères Une source entre deux cailloux Du linge blanc sur tes années de guerre C'est tout ce que je sais faire c'est tout... Tu vois, c'est presque rien C'est tellement peu C'est comme du verre, c'est à peine mieux Tu vois c'est presque rien... C'est comme un rêve, comme un jeu Des pensées prises dans des perles d'eau claire Doo doo doo doo doo... Francis Cabrel Index Le Reste Du TempsEt si on dormait sous les arbres Le reste du temps Deux amants posés sur des hardes Deux débutants En dessous des cieux qui lézardent Juste en faire autant... Tellement de choses ont changé Mieux que tous les palais de marbre L'or des sultans Quelques branchages qui nous gardent Des mauvais vents Je ferai tout ce qu'il te tarde L'homme ou l'enfant Tellement de choses ont changé Dans nos jardins dérangés Tellement de fleurs allongées, tellement Sous la lumière orangée Longtemps nos corps mélangés, longtemps Rien qui mérite qu'on en parle Rien d'inquiétant Un miroir pour que tu te fardes Je t'aime pourtant Plus personne ne nous regarde Ni ne nous entend... Dans nos jardins dérangés Tellement de fleurs allongées, tellement Sous la lumière orangée Longtemps nos corps mélangés, longtemps Pendant que le monde bavarde À rien d'important On pourrait dormir sous les arbres Le reste du temps... Le reste du temps... Francis Cabrel Index Rien De NouveauElle passe Sans le regarder, elle passe Lui ça lui glace le dos Elle est exactement tout ce qu'il lui faut... Il lui faut Elle laisse Sans même y penser, elle laisse Traîner comme un lasso Quelques parfums où il vient se prendre aussitôt Aussitôt Il bloque Les yeux comme des hublots Et le coeur au-delà du tempo Il fonce Il part droit sur elle, il fonce Comme un lanceur de marteau Après il jongle avec des cercles et des flambeaux Des flambeaux Il parle Jusqu'à l'asphyxier Il parle comme Gable à Garbo Il prend des poses Comme les danseurs de tango... de tango Il bloque Les yeux comme des hublots En fait... en fait il en fait trop ! Y'a soixante-cinq millions d'années Par un soleil comme aujourd'hui Un de nos grands-parents faisait Le beau pour sa nouvelle amie Et lui il reste Il reste comme collé au carreau Il dit qu'il l'aime en somme Et c'est rien de nouveau... rien de nouveau Les yeux comme des hublots Et le coeur au-delà du tempo Y'a soixante-cinq millions d'années Par un soleil comme aujourd'hui Un de nos grands-parents faisait Le beau pour sa nouvelle amie Il reste Il reste comme collé au carreau Il dit qu'il l'aime en somme Et c'est rien de nouveau... rien de nouveau Francis Cabrel Index Loin DevantLoin devant L'horizon encombré Fais-moi loin devant Une maison posée J'entends Le monde chanter Sous les arbres penchés Devant Il descend Des lumières dorées Dessine-nous dedans Dans des habits légers J'entends Les colombes jouer La paix est bien cachée Dedans Simplement Après tant et tant de brume On aura les yeux qui s'allument vraiment... vraiment Forcément Sous de vrais croissants de lune Les enfants pourront rêver autrement... autrement Loin devant L'horizon encombré Fais-moi loin devant Un chemin, un sentier Un ruban Des tables chargées de pain blanc Simplment Après tant et tant de brume On aura les yeux qui s'allument vraiment... vraiment Forcément Comme on n'aura plus de larmes On verra enfin le monde autrement... autrement Loin devant L'horizon encombré Fais-moi loin devant Une maison posée Je l'entends... Francis Cabrel Index Depuis ToujoursJe t'aime depuis toujours Et je viens seulement te dire Je t'aime pour longtemps encore Tes mots de velours Ta peau jusqu'à en éblouir Mes yeux de chercheur d'or Toutes ces nuits d'hiver Ces longues, longues journées de pluie J'en entends parler chez les autres Moi, quel que soit le ciel T'es mon éternelle éclaircie depuis toujours Et je viens seulement te dire Pour longtemps encore Le monde autour N'est rien qu'un brumeux souvenir Rien qu'un lointain décor Comme sur ces horloges Les mêmes aiguilles, jour et nuit S'en retournent l'une vers l'autre Moi comme tu vois Je retourne vers celle que j'aime depuis toujours Pour seulement lui dire Pour longtemps encore Même au bout du monde C'est le même ciel, le même lit La même chaleur qui m'entoure Les mêmes parfums Ceux qui enveloppent mes nuits depuis toujours Et je viens seulement te dire Pour longtemps encore Je retourne vers celle que j'aime Depuis toujours Oh je retourne vers celle que j'aime Depuis toujours... Depuis toujours Francis Cabrel Index Comme EuxIl rêvait de noircir des pages D'écrire des choses nouvelles Elle, aurait peint des paysages Et joué du violoncelle A s'aimer toujours davantage Ils ont trouvé naturel Elle, le cambouis des garages Lui, les produits de vaiselle Elle posait ses doigts sur la carte Toujours du côté chaleur De temps en temps faudra qu'on parte S'embrasser ailleurs Elle ne voit pas le temps qui passe Ils prennent tellement à coeur Ces fins de semaine sur place Autour d'un bouquet de fleurs... Jamais de cris, de problèmes Tout le monde peut voir comme ils s'aiment Ni double fond, ni double jeu Rien que de la lisse surface Que du collant double face Fasse le ciel qu'on soit comme eux Comme eux Ils rêvent d'un chambre tranquille De quelques jouets au milieu Qu'importe l'endroit ou le style Le centre-ville ou la banlieue De temps en temps faudra qu'on parte Un jour, il écrira un peu Elle sait où elle a rangé la carte Pour les jours où ça ira mieux Jamais de cris, de problèmes Tout le monde peut voir comme ils s'aiment Ni double fond, ni double jeu Rien que de la lisse surface Que du collant double face Fasse le ciel qu'on soit comme eux Comme eux Francis Cabrel Index Hell Nep AvenueComme j'arrivais la tête en vrac Entre ma guitare et mon sac J'entends, malheureux ne bougez plus Ne bougez plus Le prochain pas que vous allez faire Peut vous mener droit en enfer Personne ne vous a prévenu Vous êtes sur Hell nep Avenue Boulevard des papiers qui s'envolent Le vent y descend droit du pôle Ca fait des chansons de travers, de travers Chanteurs aux épaules tombantes Pris dans les fougères grimpantes Encore une averse de plus Sur Hell nep Avenue Quelques mesures de silence A l'heure où l'autobus s'avance Aucune fille n'en descend, et le blues reprend On peut voir se creuser les rides De ceux qui attendent dans le vide Il n'y a pas de ciel par-dessus La Hell nep Avenue Personne ne vous a prévenu A cette heure-ci elle viendra plus Il n'y a pas de ciel par-dessus La Hell nep Avenue Avenue du blues, boulevard de personne On y a vu trainer Robert Johnson Jusqu'au matin grattant la misère, la misère Il reste un carré de pelouse Où quelques silhouettes jalouses Viennent pour fleurir la statue Vous êtes sur Hell nep Avenue Tendresse pendue aux pupitres Rue des fenêtres sans vitres Combien d'amoureux étendus, étendus On y a tous chanté une fois Une fois et puis t'oublies plus La hell nep Avenue... Combien d'amoureux étendus Tellement, tellement de silhouettes perdues Encore une averse de plus sur la Hell nep Avenue Personne ne vous a prévenu A cette heure-ci elle viendra plus Il n'y a pas de ciel par-dessus la Hell nep Avenue... Francis Cabrel Index Hors-SaisonC'est le silence Qui se remarque le plus Les volets roulants tous descendus De l'herbe ancienne Dans les bacs à fleurs Sur les balcons On doit être hors-saison La mer quand même Dans ses rouleaux continue Son même thème Sa chanson vide et têtue Pour quelques ombres perdues Sous des capuchons On doit être hors-saison Le vent transperce Ces trop longues avenues Quelqu'un cherche une adresse inconnue Et le courrier déborde Au seuil des pavillons On doit être hors-saison Une ville se fâne Dans les brouillards salés La colère océane est trop près Les tourments la condamnent Aux écrans de fumée Personne ne s'éloigne du quai On pourrait tout prendre Les murs, les jardins, les rues On pourrait mettre Aux boites aux lettres nos prénoms dessus Ou bien peut-être un jour Les gens reviendront On doit être hors-saison La mer quand même Dans ses rouleaux continue Son même thème Sa chanson vide "où es-tu ?" Tout mon courrier déborde Au seuil de ton pavillon On doit être hors-saison... Une ville se fâne Dans les brouillards salés La colère océane est trop près Les tourments la condamnent Aux écrans de fumée Personne ne s'éloigne du quai Francis Cabrel Index La Belle DebbieLa belle Debbie debout d'un bond Au tout début me bouda Puis elle trouva de bon ton Que je lui dise vous comme à une diva J'ôtais ses beaux boutons d'habits Je mis un vieux CD d'ABBA Alors, elle s'enhardit Et Dieu soit loué s'amadoua Elle voulu deux doigts de Bourbon "Merci ça finit mal quand je bois" Je me suis mis à faire le gibbon Elle se tordait comme le boa Je lui récitais ma leçon Doux comme un ourson venu pour ça Puis-je votre peau de bonbon L'effleurer comme une tumba ? Et j'ajoute pour être tout à fait juste Ces miroirs où elle se projette Ces rires auxquels elle est sujette Et ses jolies mains qui s'agitent Oh j'ajoute... Je lui récitais du Rimbaud Elle disait peut-on tomber plus bas Elle borda ses yeux de charbon Pour me tendre un bâton de Cuba Les liqueurs, nous les avons bues Quand il n'est plus resté de tabac Elle m'avoua, je revis Désirez-vous que l'on se revoie ? Et j'ajoute pour être tout à fait juste Ces miroirs où elle se projette Ces rires auxquels elle est sujette Et ses jolies mains qui s'agitent Et j'ajoute pour être tout à fait juste Ces moments salés où elle me laissa Ces secrets qu'elle me consacra Ces formes où je m'étais ancré Ces cris... Quand son mari entra Francis Cabrel Index Madame XMadame X et ses enfants Tout l'hiver sans chauffage Caravane pour des gens Même pas du voyage Et pourtant comme elle dit C'est pas elle la plus mal lotie Elle en connaît qui couche dehors Dans les parages Quand y'a toutes ces voitures de sport Dans les garages Madame à savoir comment Fait deux fois plus que son âge Elle s'endort avec des gants Au fond d'un sac de couchage Et pourtant comme elle dit C'est pas elle la plus mal lotie Elle en connaît qui restent Accrochés aux grillages En espérant qu'un camion Manque le virage C'était un pays charmant C'était un pays comme il faut Elle dit, elle dit maintenant Maintenant on prend Quelques photos des mourants Au lieu de leur donner de l'eau Elle dit pas ça méchamment Pour l'instant... Madame X et ses enfants Toujours pas de chauffage Francis Cabrel Index |