Carte PostaleAllumés les postes de télévision Verrouillées les portes des conversations Oubliés les dames et les jeux de cartes Endormies les fermes quand les jeunes partent Brisées les lumières des ruelles en fête Refroidis le vin brûlant, les assiettes Emportés les mots des serveuses aimables Disparus les chiens jouant sous les tables Déchirées les nappes des soirées de noces Oubliées les fables du sommeil des gosses Arrêtées les valses des derniers jupons Et les fausses notes des accordéons C'est un hameau perdu sous les étoiles Avec de vieux rideaux pendus à des fenêtres sales Et sur le vieux buffet sous la poussière grise Il reste une carte postale Goudronnées les pierres des chemins tranquilles Relevées les herbes des endroits fragiles Désertées les places des belles foraines Asséchées les traces de l'eau des fontaines Oubliées les phrases sacrées des grand-pères Aux âtres des grandes cheminées de pierre Envolées les rires des nuits de moissons Et allumés les postes de télévision C'est un hameau perdu sous les étoiles Avec de vieux rideaux pendus à des fenêtres sales Et sur le vieux buffet sous la poussière grise Il reste une carte postale Envolées les robes des belles promises Les ailes des grillons, les paniers de cerises Oubliés les rires des nuits de moissons Et allumés les postes de télévision Francis Cabrel Index Même Si J'y ResteY'a sûrement une piste à l'autre bout du monde À moitié recouverte sous les herbes blondes Sur une île perdue où le ciel se lamente Depuis qu'ont disparu les avions de quarante On ne peut pas toujours vivre les vieilles et même choses Il faudra bien qu'un jour mon appareil s'y pose Les ailes déchirées par les vents du parcours Ne me permettront pas le voyage retour Même si j'y reste Même si j'en pleure Même si j'y attrape la peste Même si j'en meurs Rien ne me fera regretter mon geste À force de dormir sous les brises marines Il ne restera rien de mes anciennes racines Je n'aurai que ma peau pour unique prison Trois ou quatre photos et la moitié d'un crayon J'y vivrai tout le temps qu'on voudra que j'y vive Mes histoires d'amour belles et définitives Pour les arbres, les fleurs et les caméléons Pour les vagues qui viennent et celles qui s'en vont Même si j'y reste Même si j'en pleure Même si j'y attrape la peste Même si j'en meurs Rien ne me fera regretter mon geste Juste en face, la mer sur des blocs de granit Un jour j'irai graver les raisons de ma fuite Avec les reflets blancs du regard des sirènes J'avais peur des chemins qu'on voulait que je prenne Même si j'y reste Même si j'en pleure Même si j'y attrape la peste Même si j'en meurs Rien ne me fera regretter mon geste Même si j'y reste Même si j'en pleure Même si j'y attrape la peste Même si j'en meurs Rien ne me fera regretter mon geste Francis Cabrel Index Elle S'en Va Vivre AilleursCe soir son rêve a rejoint Le dernier wagon d'un train, Elle s'en va vivre ailleurs Loin des murs gris où elle pleure, Elle connaît quelqu'un qui va croire à son histoire Et lui ouvrir le coeur Il fera brûler des mots, Pour lui réchauffer la peau Et pour la couvrir de fleurs Elle s'en va vivre ailleurs Au bras d'une étoile bizarre D'une star, d'un modèle de chanteur On lui a tant parlé de sa vie Qu'elle veut la vivre On lui a tant parlé de lui Qu'elle veut le suivre Ou peut-être qu'elle l'a choisi Pour qu'il la délivre Elle part pour qu'il la sauve Qu'il lui dise des phrases mauves Pour qu'il l'emporte ailleurs Loin des murs gris où elle pleure Il n'y aura que lui sur sa route Elle vivra toutes ses folies par coeur On lui a tant parlé de sa vie Qu'elle veut la vivre On lui a tant parlé de lui Qu'elle veut le suivre Ou peut-être qu'elle l'a choisi Pour qu'il la délivre Tant pis si c'est un mirage L'autre côté de l'image Ne lui fait même pas peur Elle s'en va vivre ailleurs Même si le chanteur vit dans une autre histoire Même si son regard n'est qu'un miroir Qu'un miroir, qu'un miroir ... Francis Cabrel Index Répondez-MoiJe vis dans une maison sans balcon, sans toiture Où y'a même pas d'abeille sur les pots de confiture Y'a même pas d'oiseaux, même pas la nature C'est même pas une maison J'ai laissé en passant quelques mots sur le mur Du couloir qui descend au parking des voitures Quelques mots pour les grands Même par des injures Si quelqu'un les entend Répondez-moi Répondez-moi Mon coeur a peur d'être emmuré entre vos tours de glace Condamné au bruit des camions qui passent Lui qui rêvait de champs d'étoiles, de colliers de jonquilles Pour accrocher aux épaules des filles. Mais le matin vous entraîne en courant vers vos habitudes Et le soir, votre forêt d'antennes est branchée sur la solitude Et que brille la lune pleine Que souffle le vent du Sud Vous, vous n'entendez pas Et moi, je vois passer vos chiens superbes aux yeux de glace Portés, sur des coussins que les maîtres embrassent Pour s'effleurer la main, il faut des mots de passe Pour s'effleure la main Répondez-moi Répondez-moi Mon coeur a peur de s'enliser dans aussi peu d'espace Condamné au bruit des camions qui passent Lui qui rêvait de champs d'étoiles et de pluies de jonquilles Pour s'abriter aux épaules des filles Mais la dernière des fées cherche de sa baguette magique Mon ami, le ruisseau dort dans une bouteille en plastique Les saisons se sont arrêtées aux pieds des arbres synthétiques Il n'y a plus que moi Et moi, je vis dans ma maison sans balcon, sans toiture Où y a même pas d'abeille sur les pots de confiture Y'a même pas d'oiseaux, même pas la nature C'est même pas une maison Francis Cabrel Index Ma Place Dans Le TraficLe jour se lève à peine Je suis déjà debout Et déjà je promène une larme sur mes joues Le café qui fume L'ascenseur qui m'attend Et le moteur que j'allume M'aident à prendre lentement Prendre ma place dans le trafic À prendre ma place dans le trafic J'aimerais que quelqu'un vienne et me délivre Mais celui que je viens de choisir M'a donné juste assez pour survivre Et trop peu pour m'enfuir Je reste prisonnier de mes promesses À tous ces marchands de tapis Qui me font dormir sur de la laine épaisse Et qui m'obligent au bout de chaque nuit À prendre ma place dans le trafic À prendre ma place dans le trafic Et quand je veux parler à personne Quand j'ai le blues Je vais décrocher mon téléphone Je fais le 12 Je suis un mutant, un nouvel homme Je ne possède même pas mes désirs Je me parfume aux oxydes de carbone Et j'ai peur de savoir comment je vais finir Je regarde s'éloigner les rebelles Et je me sens à l'étroit dans ma peau Mais j'ai juré sur la loi des échelles Si un jour je veux mourir tout en haut Il faut que je prenne ma place dans le trafic Que je prenne ma place dans le trafic Et quand je veux parler à personne Quand j'ai le blues Je vais décrocher mon téléphone Et je fais le 12 Parce que quoi que je dise Quoi que je fasse Il faut que passent les voitures noires Je suis un mutant, un nouvel homme Je ne possède même pas mes désirs Je me parfume aux oxydes de carbone Et j'ai peur de savoir comment je vais finir Il y a tellement de choses graves Qui se passent dans mes rues Que déjà mes enfants savent Qu'ils faudra qu'ils s'habituent À prendre ma place dans le trafic Ma place dans le trafic Francis Cabrel Index ChandelleElle, elle sort tout droit d'une aquarelle Avec ses dentelles d'autrefois Elle est belle comme un chemin de croix Elle, les enfants l'appellent chandelle Parce qu'elle tremble à chaque pas Mais le prisonnier c'est moi Si elle a peur, si elle a froid, moi aussi L'hiver est fait pour que nos corps se serrent Et se serrent sans bruit Si elle a peur, si elle a froid, moi aussi Chandelle, je suis le premier qui l'appelle Le premier qui lui ouvre les bras Comme si chez nous elle n'existait pas Et d'elle, je reçois quelques nouvelles Par les oiseaux qu'elle m'envoie Je suis loin mais ne t'inquiète pas Si elle a peur, si elle a froid, moi aussi L'hiver est fait pour que nos corps se serrent Et se serrent sans bruit Si elle a peur, si elle a froid, moi aussi Mais chacun de ses silences est mortel Chacun de ses mots te porte au ciel Hey, d'aussi loin que tu sois Si tu m'entends, arrête-toi Toi qui cours pour que ton corps soit transparent Toi qui pleures que la vie te prend tout ton temps Hey, d'aussi loin que tu sois Si tu m'entends, arrête-toi Chandelle, c'est ma chanson pour toi Ma chanson pour toi Chandelle, c'est toujours le soir de Noël Quand elle revient vers chez moi Et même je ne suis pas sûr qu'il ait fait nuit Entre hier et aujourd'hui Francis Cabrel Index Comme Une Madone OubliéeElle, elle sort tout droit d'une aquarelle Avec ses dentelles d'autrefois Elle est belle comme un chemin de croix Elle, les enfants l'appellent chandelle Parce qu'elle tremble à chaque pas Mais le prisonnier c'est moi Si elle a peur, si elle a froid, moi aussi L'hiver est fait pour que nos corps se serrent Et se serrent sans bruit Si elle a peur, si elle a froid, moi aussi Chandelle, je suis le premier qui l'appelle Le premier qui lui ouvre les bras Comme si chez nous elle n'existait pas Et d'elle, je reçois quelques nouvelles Par les oiseaux qu'elle m'envoie Je suis loin mais ne t'inquiète pas Si elle a peur, si elle a froid, moi aussi L'hiver est fait pour que nos corps se serrent Et se serrent sans bruit Si elle a peur, si elle a froid, moi aussi Mais chacun de ses silences est mortel Chacun de ses mots te porte au ciel Hey, d'aussi loin que tu sois Si tu m'entends, arrête-toi Toi qui cours pour que ton corps soit transparent Toi qui pleures que la vie te prend tout ton temps Hey, d'aussi loin que tu sois Si tu m'entends, arrête-toi Chandelle, c'est ma chanson pour toi Ma chanson pour toi Chandelle, c'est toujours le soir de Noël Quand elle revient vers chez moi Et même je ne suis pas sûr qu'il ait fait nuit Entre hier et aujourd'hui Francis Cabrel Index Tu Es Toujours La MêmeTu es toujours la même Tu as toujours dans les yeux Un peu de nos folies anciennes Quelques braises d'un ancien feu Et même si ce feu est mort Quelque chose y brûle encore Tu es toujours la même À croire que le temps s'éternise Tu es toujours mon plus beau poème Celui que je ne veux pas qu'on lise Et même si ces mots sont morts Quelque chose y brûle encore C'est peut-être Que ma tête dort encore Au milieu de tes bras C'est sans doute Que ma route passe Juste à côté de toi La prêtresse gitane l'avait dit Rien n'est jamais fini Elle voit mes rêves avec tes rêves autour T'es la même toujours La même toujours Même les autres se souviennent Cette vie qu'on vivait tout droit Il suffit qu'ils en parlent à peine J'ai des gouttes de pluie sur les bras Cet orage est passé si fort Que les éclairs brillent encore Au fond des ruelles secrètes Les pierres ont gardé nos murmures Entre les mendiants qui regrettent Et les chiens qui rasent les murs Chaque fois qu'un mot s'évapore Il en revient d'autres plus forts C'est peut-être Que ma tête dort encore Au milieu de tes bras C'est sans doute Que ma route passe Juste à côté de toi La prêtresse gitane l'avait dit Rien n'est jamais fini Elle voit mes rêves avec tes rêves autour T'es la même toujours La même toujours C'est peut-être Que ma tête dort encore Au milieu de tes bras C'est sans doute Que ma route passe Juste à côté de toi La prêtresse gitane l'avait dit Rien n'est jamais fini Elle voit mes rêves avec tes rêves autour T'es la même toujours La même toujours La prêtresse gitane Francis Cabrel Index ChauffardY'a les bandes blanches qui défilent Et la vie qui s'accroche à son fil Tu es dans la zone rouge du compteur Mais tu ne t'occupes plus des couleurs Il faut surtout pas que tes mains tremblent Y'a les troncs des arbres qui t'attendent Même dans les passages difficiles Y'a les bandes blanches qui défilent Y'a le vent qui siffle sous les tôles Et le cri des pneus quand tu décoles Et derrière toi la nuit qui retombe Sur le sillage étroit de ta bombe Est-ce que c'est ton coeur Qui fait hurler la machine Ou bien le moteur Qui bat dans ta poitrine Et qui propulse ton projectile Entre les bandes blanches qui défilent Chauffard, chauffard! Tu vois le monde autour dans des brumes liquides Et c'est pour ça que tu cours toujours sur la voie rapide Chauffard, chauffard! Tu pousses la musique jusqu'au plus fort Pour pas sentir les doigts de la mort Et ni les chiens qui aboient dans leur sommeil Ni les hommes de loi que tu réveilles Tu vois quelques taches claires Sur le dos des camions Quelques mots de travers Sur les panneaux bidons Et ton sang fait monter les aiguilles Jusqu'au rouge des feux que tu grilles Chauffard, chauffard! Tu vois le monde autour dans des brumes liquides Et c'est pour ça que tu cours toujours sur la voie rapide Chauffard, chauffard! Tu dis que tu connais ton nom par coeur Et que tu préfères le son de ton moteur Que si jamais personne ne t'arrête Tu iras te crasher sur le pont de la planète Que tu vibres quand les virages s'avancent Et que la vitesse te laisse ta chance Et que t'es jamais aussi tranquille Que quand les bandes blanches défilent Chauffard, chauffard! Tu vois le monde autour dans des brumes liquides Et c'est pour ça que tu cours toujours sur la voie rapide Chauffard, chauffard! Chauffard, chauffard! Tu vois le monde autour dans des brumes liquides Et c'est pour ça que tu cours toujours sur la voie rapide Chauffard, chauffard! Chauffard, chauffard, chauffard, chauffard ... Francis Cabrel Index Je M'ennuie De Chez MoiQuand le vent se déchirent sur les angles des toits Des rues que je traverse à peine Quand les journées s'étirent et n'en finissent pas Je m'ennuie de chez moi Quand je sens que l'automne se consume là-bas Quand je sais que le feu dévore Les berges de Garonne où les arbres flamboient Je m'ennuie de chez moi De ce bout de terrain qui a brûlé ma mémoire Ce petit point sur le grand canevas Qu'un grand-père italien a choisi par hasard Y'a longtemps déjà Y'a longtemps déjà Quand le mot tambourin ne chantait que pour moi Quand je me cachais pour l'entendre La cabane du jardin, la clef du cadenas Y'a longtemps déjà Lorsque j'y pense trop Lorsque mes yeux se froissent Puisque je sais qu'il existe sans moi Je mets mon coeur en haut des pilotis de glace Je continues comme ça Je continues comme ça Lorsque j'y pense trop Lorsque mes yeux se froissent Puisque je sais qu'il existe sans moi Je mets mon coeur en haut des pilotis de glace Je continue comme ça Quand je m'ennuie de chez moi Francis Cabrel Index |