Quatre Saisons Dans Le DésordreIl pleut en décembre Comme il neige au mois de mai Le temps est malfaisant Mon corps peut s'en défendre Mais mon coeur est perturbé Malfaisant et enrageant Les amitiés s'effritent Ainsi soit-il et ainsi de suite Il peut en descendre Si le chasseur est bien informé Des dizaines sur l'étang Encore que pour se rendre Faut-il une voiture équipée Jusqu'au bois ou jusqu'au champ Éviter le mal au faisan Puis chemin faisant s'en retourner Les vents sont favorables Et les astres s'alignent Les vents sont favorables J'irai à la pêche à la ligne Un peu d'été semble Comme le solfège ou solfier Tout ce qu'il y a de plus évident Si le Nord était à vendre Futile serait d'en rêver Moscou boirait à nous en chantant Sur toi le froid s'agrippe Comme sur les toits les stalactites Les vents sont favorables Et les astres s'alignent Les vents sont favorables J'irai à la pêche à la ligne Les vents sont favorables Et les astres s'alignent Les vents sont favorables J'irai à la pêche à la ligne Daniel Belanger Index Sortez-Moi De MoiQuelqu'un m'a dit que tout autour De mon nombril se trouve la vie La vie des autres la vie surtout De ceux qui meurent faute de nous Qu'il faudrait qu'il pleuve où il ne pleut guère Qu'il faudrait un fleuve où c'est sans rivière Et moi j'étais sur moi alors J'écoutais couler dans mes veines Mes vaisseaux et mes anticorps Depuis des mois des années mêmes J'observais battre mes paupières Mon corps prendre et rendre l'air J'ai des yeux qui refusent de voir Des mains qui frôlent sans toucher Sortez-moi de moi Chacun ses envahisseurs Chacun ses zones sinistrées Sortez-moi de moi De moi Ce même quelqu'un m'a dit je cite Je pars pour l'autre continent Il n'était pas très explicite Mais juste assez bouleversants Je pars et c'est important Donner mon temps souffler mon vent Mais moi j'ai des yeux qui refusent de voir Des mains qui frôlent sans toucher Sortez-moi de moi Chacun ses envahisseurs Chacun ses zones sinistrées Sortez-moi de moi De moi Pour me voir quitter l'alvéole Où je veille et où je dors Il me faudrait l'amour le plus fol Un incendie et quoi encore Il m'a dit voir beaucoup souffrir Sans doute voulait-il m'instruire Sur le fait que son bonheur Repose sur l'index et le majeur Puis il a brandi ses deux doigts La main bien haute le bras bien droit Mais moi j'ai des yeux qui refusent de voir Des mains qui frôlent sans toucher Sortez-moi de moi Chacun ses envahisseurs Chacun ses zones sinistrées Sortez-moi de moi Sortez-moi de moi Daniel Belanger Index Les Deux PrintempsSes yeux sont deux printemps qui me font sourire et ça me fait rire Ses joues sont des torrents les miennes s'y baignent mais encore pire Son coeur est une fête le mien ne veut plus en sortir Elle est la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie C'est un tourbillon un grand vertige complètement doux On-dit qu'en haute voltige on peut tomber et se rompre le cou C'est pas mon premier vol arrêtez bande de jaloux C'est la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie Nos heures sont des rivières qui courent en une folle frénésie L'amour est liquide clair et nos deux corps sont amphibies La terre est un brasier mais pour un moment l'oublier C'est la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie Qu'elle ne plaise à personne ni du visage ni de l'esprit Rester en votre automne l'été tout l'an me fait plus envie Persuadez-vous de mes deux yeux fermés j'affirme en toute cécité T'es la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie Y'à toujours des noirceurs pour assombrir quelques beautés Des êtres qui ont peur qui veulent vous en contaminer Me protéger des loups moi qui n'en compte que des amis! T'es la plus belle saison de ma vie T'es la plus belle saison de ma vie Nous serons vieux et frêles peut-être même séparés Nos têtes pêle-mêle incapables et usées Mais aujourd'hui je t'aime aujourd'hui pour l'éternité T'es la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie Daniel Belanger Index Monsieur VerbêtreJ'étais à être J'étais à être bien Tibétain Près de tout ce qui est sain Calme félin J'avais besoin de trois fois rien L'amour des miens du pain demain et je sais plus quoi Il pleut je dors Mais pas quand c'est soleil C'est froid je lis Dans l'équateur de mon lit Bien à l'abri Des Appalaches sous le tapis Hors des visions d'horreur de mon prochain Qui va qui vient qui crève puis qu'on oublie Je suis à être Par moi sens les autres Et quand je le suis De mon visage glauque Mon coeur s'écoeure Il bat la vie qui elle me bat je suis beau joueur La solitude avec ou sans c'est contraignant Daniel Belanger Index Respirer Dans L'eauLe temps est blanc le jour fléchit Belle et douce nuit La lune est bleue je m'assoupis Je pars le coeur dans l'étui Voilà que je respire dans l'eau Je vole même sans plumeau Je suis enfin moi enfin moi Et puis le jour fait ce qu'il fait Défait le dormeur satisfait Il chasse tous les corps célestes Tout y passe bien peu qu'il reste Il reste moi qui volais Qui respirait dans l'eau Moi qui étais moi étais moi Moi qui souris qui marche enfin La tête hors des épaules Libre dans un corps Moi qui jaillis des souterrains De cent siècles de taule Libre à mourir de rire Il reste moi qui volais Qui respirait dans l'eau Moi qui souris qui marche enfin La tête hors des épaules Libre dans un corps Moi qui jaillis des souterrains De cent siècles de taule Libre à mourir de rire De rire Daniel Belanger Index Cruel ( Il Fait Froid, On Gèle )Il fait froid on gèle Décembre est une nuit insensé La terre brûlante donne au feu sa misère à brûler Au Moyen-Orient On tire à vue sur les tapis volants L'Afrique immatricule la zibeline L'excluant du coup de la famine L'Amérique de plus belle S'indigne d'un chien fouillant les poubelles Il fait froid on gèle Y à pas que l'hiver qui est cruel Farine à la pelle Poudrerie et même grésil On n'a de la mer que le sel Et une vague idée du Brésil Dis mon frère dis-moi La cicatrice que t'as au bras Est-ce le fruit du hasard Ou d'une agression tard le soir? Oui c'est qu'à la sortie du métro Un con a braqué son couteau Scalpel! Juste ciel! Y à pas que l'hiver qui est cruel Si le temps suit son cours Et j'ai bien peur qu'il le suivra On ne fera plus de l'amour Que notre sujet le plus délicat On niera ce qu'il y a de guerre Ce qu'il y a de sang et de misère Chanteront les canaris Pour enterrer le bruit de l'artillerie Mais pire que le mal de voir C'est cautionner le censeur et croire Qu'en vérité toute vérité N'est pas bonne à savoir Et il fait froid on gèle Y à pas que l'hiver qui est cruel Maman dis-moi dis Pourquoi j'ai quitté la chaumière Je suis sans cellule depuis Sans famille nucléaire Je sais de la vie Qu'elle se termine souvent au lit Et que d'autres ont bien plus de chance Trépassent de rire ou de jouissance Mais pire que la mort qui vient C'est l'amour qui ne vient jamais Prends tes ailes sers-toi d'elles Et tire-moi de ce bordel Où il fait froid où on gèle Où y à pas que l'hiver qui est cruel Il fait froid on gèle Où y à pas que l'hiver qui est cruel Daniel Belanger Index La Voie LactéeLa nuit sur le ciel se pose mes yeux Ma gorge se noue tant je trouve belle (La nappe étoilée) Devant cette immensité L'âme la plus frileuse est nue (La plus seule accompagnée) Je m'expose au rythme fluide Des hydro-paillettes saoules Qui savent si bien onduler Maintenant dos sur terre Oeil sous paupière Je m'endors sous l'éternité (Sous l'éternité) Au matin couché sous un cumulus Dans la boue et l'herbe souillée (J'ai deux pieds pour un soulier) Ma tête est égale à mes poumons vétustes La nuit a perdu de son lustre (Et de sa limpidité) J'ai dû inhaler un peu trop Le lent mouvement circulaire Des joyaux de Cassiopée Maintenant le soleil brûle Ma peau est rouge J'ai soif il faut que je bouge Retour du jour retour d'ennui Je rêve d'une chose en vérité Décrocher de la voie lactée Daniel Belanger Index Les Temps FousIl pleut des années liquides Sur tes joues deux continents L'amour nous fait translucides Ton nez joue à l'océan Ton corps est un millénaire Et mes yeux un trajet lumière Tes cheveux font des anguilles Sur mon coeur qui n'est plus rien Qu'une horloge sans aiguilles Une misère s'en ferait du bien Tu habites un projectile Qui s'éloigne et moi je suis immobile Sentir ta main sur ma joue Ne pas la perdre comme on perd tout Les temps sont fous Aide-moi Pour que demain s'empare de nous Souffle souffle dans mon cou Les temps sont fous Aide-moi Sentir ta main sur ma joue Souffle souffle dans mon cou Que vents emportent les temps fous Sur un banc mat de la ville Un rêve fait la statue C'est le mien pauvre imbécile Du temps se moque dessus Sentir ta main sur ma joue Ne pas la perdre comme on perd tout Les temps sont fous Aide-moi Pour que demain s'empare de nous Souffle souffle dans mon cou Les temps sont fous Aide-moi Sentir ta main sur ma joue Ne pas la perdre comme on perd tout Les temps sont fous Aide-moi Pour que demain s'empare de nous Souffle souffle dans mon cou Les temps sont fous Aide-moi Sentir ta main sur ma joue Souffle souffle dans mon cou Que vents emportent les temps fous Sentir ta main sur ma joue Souffle souffle dans mon cou Les temps sont fous Daniel Belanger Index ImparfaitJe grille une cigarette Je suis du bois d'allumette Qui se consume et je présume Que tout chemin se termine Autant pour prince que vermine La vie est ainsi faite Or que tout est bête Tout est vain et inutile Lorsqu'épuisé fatigué Le corps n'est plus qu'un autre projectile Propulsé depuis matin Jusqu'au soir en bus en train Je sais qu'un coeur peut s'arrêter pour moins Imparfait Le monde est imparfait Imparfait Le vent est si tendre sur midi Tu es septembre sur Paris Je pense à toi ça fait du bien Toi dans ta ville et moi Transsibérien Qui t'aime et qui t'adore Puis qui se hait d'aimer si fort L'amour est comme je le redoutais Imparfait L'amour est imparfait Imparfait Imparfait Le monde est imparfait Imparfait L'amour est imparfait Imparfait Le monde est imparfait Imparfait Daniel Belanger Index Le ParapluieFragile petit matin sans pluie Que mon parapluie garde en respect Mais le ciel est au chagrin Et s'il avait deux mains il chagrinerait Je marche inquiétée de me noyer dans l'orage Et je compte au passage les chauffards Qui ont le doigt dans le nez Arrive remplit l'autocar J'y monte pour m'asseoir Mais reste debout C'est comme être cent milliards Sur la lune pour un soir Ca tire dans le cou Je regarde les aiguilles de mon temps J'ai une fille dans le sang Si j'arrive en retard elle va m'engueuler Et ça sent la poussière le vent soulève la terre De chastes baisers Parce que je suis libre comme l'air Libre de faire demi-tour J'vais continuer Continuer Et puis à la sortie J'ai plus de parapluie je suis stupétri M'apostrophe une jeune fille Une maille à la cheville belle elle me dit Pardon cher monsieur Est-ce à vous ceci? J'prends un air ébahi je m'écrie Ah! Mon parapluie! Elle l'a trouvé par terre Comme un coeur presqu'ouvert Comme le mien pour ses yeux verts Pourquoi faut-il que le temps file? Et ça sent la poussière le vent soulève la terre De chastes baisers Parce que je suis libre comme l'air Libre de faire demi-tour J'vais continuer Continuer Et comme un bandit de grand chemin J'continue l'air malin L'air de tout savoir Mais au fond je n'sais rien Enfin presque rien Une coche au-dessus d'une poire Mais c'est bien suffisant Pour aimer tendrement Et avoir une idée de ce qu'est la liberté Et ça sent la poussière le vent embrasse la terre De chastes baisers Parce que je suis libre comme l'air Libre de faire demi-tour J'vais continuer Et ça sent la poussière le vent soulève la terre De chastes baisers Parce que je suis libre comme l'air Libre de faire demi-tour J'vais continuer Continuer Continuer Continuer Daniel Belanger Index Je Fais De Moi Un HommeChaque jour que la nuit amène Sur cinq matins pour toute peine Je sors de mon lit Nu totalement moi-même J'enfile un ordinaire de scène Des vêtements de couleur Qui par je ne sais quel malheur Me font gris J'oublie celui que je suis Les yeux dans les sourcils Voilà dans mon uniforme Je fais de moi un homme J'arrive au travail Je pointe sans faille Toujours à l'heure pour un patron Qui au fond s'en fout Et je souris Puis je me désole Pour toute cette vie qu'on me vole J'oublie celui que je suis Les yeux dans les sourcils Voilà dans mon uniforme Je fais de moi un homme J'oublie celui que je suis Les yeux dans les sourcils Voilà dans mon uniforme Je fais de moi un homme Je fais de moi un homme Je fais de moi un homme Je fais de moi un homme Liberté à tous les guénillous Gloire aux couloirs où les vents sont doux Mes respects aux sans-abri les bravent Mes amitiés aux chômeurs courage Mes hommages à tout inventeur fou Vive le globe-trotter fauché têtu Plein bonheur à plein sud au cerveau Toute ma joie à toute voie inconnue Daniel Belanger Index Projection Dans Le BleuSois mon ami je t'en supplie Plus rien ni personne pour moi ne sonne Toujours tout seul pas à demi Trois jours sans que mots ne soient sortis Chez moi tout haut joue la radio Ça chante l'amour des chanteuses m'aiment Et s'attristent de mon départ Ça coule les larmes ça va le drame Des divas en sanglots dans la douleur Pour moi qui ne les ai jamais quittées Le ciel ouvert fait de lui un repère Mes yeux font d'eux un reflet Qui projettent moi défait Si le ciel fait une éclaircie Je te jure à faire des envieux Je me lance dans le bleu Temps de soleil et temps de pluie Son temps égaux dans mon logis J'ai parfois peur que par malchance On ne me fasse payer mes absences Absent la fois des peines d'amour Pas là la fois de quelques bonheurs Tous mes amis se vengent-ils en choeur? Si j'avais su que ma suffisance mes longs silences Me foutraient la paix à jamais Vous m'auriez sur les talons aujourd'hui Le ciel ouvert fait de lui un repère Mes yeux font d'eux un reflet Qui projettent moi défait Si le ciel fait une éclaircie Je te jure à faire des envieux Je me lance dans le bleu Le ciel ouvert fait de lui un repère Mes yeux font d'eux un reflet Qui projettent moi défait Si le ciel fait une éclaircie Je te jure à faire des envieux Je me lance dans le bleu Si le ciel fait une éclaircie Je te jure à faire des envieux Je me lance dans le bleu Sois mon ami je t'en supplie Plus rien ni personne pour moi ne sonne Daniel Belanger Index Primate ÉlectriqueEn qualité de primate électrique Je vis sans but je vais sans hic Au gré des sentiments au gré du temps Puis de nulle part vient le printemps C'est donc en vertu d'une fatigue soudaine Mélangée à la peine de l'esseulé Que ni le corps ni l'âme ne manifestent bien Le tout petit désir de vivre J'ai attiré l'escouade technique Parce que dos aux briques j'ai exprimé D'une hauteur inquiétante pour qui ne sait voler Mon seul et cuisant chagrin d'amour Les joues en rivière les deux mains glacées Et tout le quartier au parterre pariant sur ma chute Tombera-t-il au sol ou sur le cabriolet? Qu'importe mais quitté ce monde laid Je ne dois à personne mon coeur encore qui bat Qu'à une flamme bonne qui scintilla Cet instant fatidique avant le saut mortel Depuis Dieu m'intrigue et j'attends le printemps Aujourd'hui Dieu m'intrigue Et j'attends le printemps Daniel Belanger Index |